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Témoignages : j’ai mal vécu ma césarienne : les conseils du gynécologue

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (03. mai 2016)

Interview avec le Dr Georges Eglin, gynécologue-obstétricien, qui partage avec nous son expérience et donne des conseils pour les femmes subissant - ou ayant vécu - une césarienne.

Globalement est-ce qu'il y a trop de césariennes ?

Nous avons un taux de césarienne de 18% qui pourrait tendre vers 12%, si on prenait mieux en compte un certain nombre de facteurs de décision.

Une première césarienne devrait rarement être programmée à l’avance. Sauf cas exceptionnel, il vaut mieux laisser se dérouler l’épreuve du travail, donc les premières contractions doivent avoir lieu. Dans le cas où l’indication de césarienne est posée avant le début du travail (présentation du siège, par exemple), il vaut mieux attendre les 39 semaines d’aménorrhée. Si l’état de santé du bébé le permet, plus on attend, mieux c’est. Le tout est de faire le maximum pour ne pas altérer le lien mère-enfant par une séparation évitable.

Il faut toutefois savoir qu’il y a aussi une pression juridique autour de l’obstétrique, car s’il n’y a jamais eu de procès pour césarienne abusive, il y en a eu pour césarienne non faite à temps !

Est-ce qu'il y a un moyen de rendre cet accouchement moins traumatisant ?

Oui bien entendu, on peut faire beaucoup. Déjà, on peut plus ou moins estimer, en suivant la femme qui doit accoucher, son risque relatif d’avoir une césarienne. C’est difficile d’en parler pendant sa grossesse, mais il est indispensable d’évoquer l’accouchement par césarienne, avant, afin qu’elle ne soit pas traumatisée si ça devait lui arriver. Une fois que la décision est prise en cours de travail, il faut expliquer pourquoi on ne peut pas prendre de risques. Car avec le confort procuré par la péridurale, certaines femmes sont prêtes à continuer de tenter la voie basse coûte que coûte.

La place du père est aussi très importante, presque plus que pour un accouchement naturel. C’est encore difficile dans certains services pour des raisons liées aux risques d’infection nosocomiale. Mais émotionnellement, la présence du père est tout à fait justifiée aux côtés de la mère. Lorsque l’équipe est rodée, l’obstétricien peut baisser le champ pour que la maman puisse voir son bébé dès sa sortie. S’il n’y a pas de problèmes pour le bébé, on peut proposer de faire du peau à peau.

Est-ce qu'une césarienne signifie forcément que l'accouchement suivant sera une césarienne aussi ?

Non. Si la raison de la première césarienne n’a pas lieu de se répéter (par exemple, un bébé en siège, ou une dilatation qui stagnait), alors il n’y a aucune raison pour ne pas essayer d’accoucher naturellement la fois suivante ! Cependant, il y a des femmes qui, pour des raisons de convenance personnelle, souhaitent avoir une deuxième césarienne. Ces derniers temps, on accède davantage à ce type de demande, car c’est le choix de la femme.

Que dire aux mamans déçues ?

Il faut quand même rappeler aux mamans, même si la césarienne leur paraît insurmontable, que la décision a été prise en raison d’un risque estimé sur les paramètres de surveillance pendant l’accouchement. Cela paraît évident, mais l’essentiel est vraiment que la mère et l’enfant soient en bonne santé. Lorsqu’on a pratiqué beaucoup d’accouchements, on sait la difficulté de mettre en place ces gardes-fous efficaces pour protéger la mère et l’enfant ; ne pas trop médicaliser... sans prendre de risque ! Pour les obstétriciens, l’accouchement demande une vigilance de tous les instants et qu’on ne peut pas se permettre de prendre des risques avec la maman ou le bébé, que ce soit lors d’un accouchement par voie basse ou d’une césarienne.

A voir aussi notre vidéo sur la césarienne : 

Lorsqu’un accouchement par délivrance vaginale naturelle est impossible ou dangereux pour la mère ou l’enfant, une césarienne est pratiquée pour sortir le bébé du ventre de la mère. Explications en images…

A voir aussi notre vidéo : Accouchement de jumeaux : une césarienne est-elle obligatoire ?


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