publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Témoignages : j’ai mal vécu ma césarienne : le témoignage de Céline

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (03. mai 2016)

Témoignage de Céline, 38 ans, maman de Margaux 9 ans, Yoan 7 ans et Louis 3 mois. Elle a eu trois césariennes dont une en urgence après rupture utérine. Voici son témoignage...

Pouvez-vous nous parler de votre première césarienne ?

C’était un accouchement tout ce qu’il y a de banal, qui progressait plutôt bien. Puis à un moment tout a basculé, le monotoring est devenu silencieux, ce qui était encore plus stressant que le bruit que faisaient les battements de cœur. Avant de comprendre qu’il se passait quelque chose, j’ai été alors « rasée », « bétadinée », et dirigée en urgence au bloc pour une césarienne. Marc, mon mari, a été autorisé à rester avec moi. Il a dû se changer de pied en cap, mais il était à mes côtés. J’ai eu l’impression que le tout n’a pas duré plus de 20 minutes. Puis Margaux a crié, le chirurgien me l’a montrée par-dessus le rideau vert théâtral qui séparait le haut de mon corps, du bas, je voyais son cordon ombilical et sa petite frimousse toute froissée et hurlant d’avoir été dérangée. Une fois le cordon coupé, on me l’a posée sur la poitrine, j’avais envie de la caresser, mais je ne pouvais pas, mes bras étaient tous deux occupés, par une perfusion d’un côté, et par un appareil de prise de tension de l’autre...

Comment avez-vous vécu votre césarienne décidée en urgence ?

Bien... Sur le moment. Puis, je suis retournée dans ma chambre. Avec Margaux, nous avons passé du temps à nous regarder dans les yeux, pour faire connaissance. Le premier choc post-césarienne m’a été donné par une infirmière, qui voulait certainement bien faire. Elle m’a dit, avec une voix très chagrinée : « oh... pauvre petite maman, c’est dur de ne pas avoir pu accoucher ». Bien entendu, je n’ai pas compris ce qu’elle voulait dire. Parce que je venais d’accoucher et que mon ventre endolori et ma sonde, me le rappelaient à chaque tentative de mouvement. Puis, c’est ma belle-mère qui m’a demandé comment je vivais le fait de ne pas avoir « poussé » pour accoucher. Et après cela, ça a été le défilé des amies, copines, collègues... A chaque fois que je disais que j’avais eu une césarienne, on me regardait avec pitié, et on me demandait comment je le vivais.

Avez-vous eu l'impression d'être passée à côté de quelque chose?

Pas tout de suite, mais les remarques des autres ont fini par me miner le moral. Alors, j’ai commencé à douter, puis à me dire que je devais être une mauvaise mère pour ne pas avoir réussi ce que toute femme normalement constituée, doit savoir faire : accoucher. Pour finir, j’ai fait une dépression quelques mois après, je ne me sentais pas femme, pas mère, pas humaine. Rien. J’avais l’impression de ne pas mériter mon statut de mère... Mes relations avec Margaux s’en sont ressenties. Je ne m’en occupais plus, ou alors mécaniquement. Je la changeais, je la baignais, je la faisais manger, mais c’est tout... J’ai commencé à me faire des films : j’aurais dû demander d’attendre un peu avant d’aller au bloc.

Et votre seconde césarienne ?

J’avais envisagé tout un programme d’accouchement à domicile pour ma deuxième grossesse. J’étais suivie par une sage-femme, et une doula venait à la maison. J’avais fait un projet de naissance au cas où l’accouchement à domicile ne puisse se faire. Bref, j’avais des tas de projets d’accouchement naturel, de vivre enfin un « vrai accouchement », et non pas de « me faire accoucher ».

Avez-vous pu mener votre projet à bien ?

Non, mais je ne dirais pas « hélas » ! A la fin de mon 8ème mois de grossesse, j’étais en train de jouer avec ma fille, quand j’ai eu une douleur épouvantable au ventre, j’étais pliée en deux, je n’arrivais pas à reprendre mon souffle. J’ai appelé mon mari (qui était à côté), et nous sommes allés dare-dare à l’hôpital. Là, on m’a fait un monitoring, et on m’a immédiatement emmenée en urgence au bloc. J’ai eu une rachianesthésie, et quelques minutes plus tard, Yoan venait au monde. L’obstétricien m’a expliqué que j’avais eu une déhiscence utérine, qui était en train de se transformer en rupture quand il a sorti Yoan de mon ventre. Il était moins deux. Yoan est mon petit miraculé. Est-il utile de rajouter que je suis sortie de l’influence et du regard des autres qui m’ont fait culpabiliser d’avoir eu une césarienne ?

>> Vous voulez réagir, apporter votre témoignage, rendez-vous sur notre FORUM !


publicité