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Témoignages : j’ai mal vécu ma césarienne : le témoignage d'Alexandra

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (03. mai 2016)

Témoignage d'Alexandra, 24 ans, maman de Théo, 2 ans et demi et enceinte de 8 SA. Elle a eu une césarienne programmée...

Pourquoi avez-vous eu une césarienne programmée ?

Je suis menue, très, très menue. Quand j’étais petite déjà, et plus tard ado, ma mère me disait que j’aurais probablement une césarienne, comme elle... Et depuis toujours, j’ai eu envie d’accoucher « normalement ». Pourtant dès le début de ma grossesse, la sage-femme qui me suivait à l’hôpital m’avait prévenue qu’il y aurait des chances pour que j’aie une césarienne, mais je ne l’écoutais pas. Vers mon 4ème mois de grossesse, c’est un gynéco qui a pris le relais. Vers mon 6 ou 7ème mois de grossesse, il a demandé une radiopelvimétrie afin de mesurer mon bassin. Là, il m’a confirmé que je devais avoir une césarienne car mon bassin était « largement » trop étroit pour laisser passer un bébé, quelle que soit sa taille.

Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Catastrophiquement. Pour un bassin trop petit... mon monde s’est écroulé. Déjà, je n’allais pas faire « mieux » que ma mère, et ça c’était juste insupportable. De plus, j’étais partie pour un accouchement naturel à domicile. J’ai eu l’impression qu’on m’annonçait que je ne pouvais pas avoir mon bébé. Une multitude de sentiments se sont succédés, avec en filigrane la vague impression d’être punie. Ma césarienne était programmée pour la fin du 8ème mois. En prime, j’avais l’impression d’arracher mon bébé à mes entrailles bien trop tôt.

Comment s'est passé l'accouchement ?

Non, pas l’accouchement : c’était une césarienne, pas un accouchement. Mal évidemment. Je n’ai aucun souvenir. Ou plutôt : je n’ai aucun joli souvenir... D’abord cette prise de rendez-vous comme chez le dentiste pour arracher une dent de sagesse. Et puis, je connaissais la date de mon accouchement, ce qui perdait toute magie à mes yeux. Je suis rentrée la veille, pour une « intervention » le lendemain. A aucun moment, on n’a parlé du bébé, de son prénom, de ce qu’il allait faire en venant au monde, on n’a pas demandé au papa s’il voulait couper le cordon. J’étais triste...

Comment s'est déroulé la césarienne ?

Je n’ai pas eu de petit-déjeuner, on m’a demandé de me doucher avec de la Bétadine®. J’ai mis une blouse en papier, et on m’a emmenée directement en salle d’opération. Rien que le mot sonne barbare. J’avais froid, je claquais des dents, mon ami n’a pas eu le droit de m’accompagner. Pendant toute l’intervention, l’obstétricien et l’anesthésiste ont parlé ensemble de leur soirée, et moi j’entendais des bruits métalliques. Aucune chaleur, rien, on m’a à peine montré le bébé, et ils l’ont emmené pour les premiers soins. Mes larmes coulaient sans bruit et ce n’étaient pas des larmes de joie. Moi, j’ai été emmenée dans une salle tout en longueur, où il y avait déjà 3 femmes qui somnolaient plus ou moins. Ils appellent ça la salle de pré-réveil. J’y suis restée le temps de récupérer. Puis, j’ai pu voir mon bébé... quelques heures après la naissance. Je n’ai pas allaité parce que je ne voulais plus. Je ne l’ai pas porté en écharpe, et je crois que j’ai manqué pas mal de rendez-vous avec lui ...

Et aujourd'hui ?

Je suis encore un peu perdue, je suis amère, j’ai l’impression qu’on m’a volé mon accouchement. Je suis enceinte de mon deuxième, et je sais bien que je ne couperai pas à une deuxième césarienne, mais ça me chagrine. Je sais bien que sans la médecine et sans la césarienne, je n’aurais probablement pas pu avoir d’enfants, mais voilà, ça me rend triste. Le cœur a des raisons que la raison ne connaît pas ! Et Théo a un caractère terriblement difficile, il est toujours grognon, jamais content, il pleurniche pour un oui ou un non, et je suis certaine que la césarienne y est pour beaucoup ! Je ne peux m’empêcher d’appréhender l’avenir.

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