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Addictions : les drogues de synthese

Publié par : rédaction Onmeda (07. octobre 2015)

Sous l’appellation « sels de bains », « euphorisants légaux », « engrais », « encens » ou encore « produits pour la recherche chimique », de nouvelles drogues de synthèse, mimant les effets des drogues classiques (cannabis, cocaïne, MDMA, amphétamines…) circulent sur internet, à des prix au gramme défiant toute concurrence mais aux risques pour la santé physique, psychique, sociale imprévisibles, peu connus et potentiellement dangereux.

Il existe plus de 450 nouveaux produits de synthèse depuis 1997, dont plus des deux tiers sont apparus depuis 2008.

La famille des cathinones de synthèse avec celle des cannabinoïdes dominent le haut du pavé toxique. Nous allons nous intéresser aux premières qui sont des dérivés chimiques de la cathinone naturelle retrouvée dans la feuille de khat.

Les cathinones de synthèse se consomment de différentes façons. Cela peut être :

  • par voie orale (« bombing ») où  la poudre est mise dans une feuille de cigarette puis avalée,
  • par voie intranasale, inhalée ou fumée.
  • par voie intraveineuse dans un contexte sexuel ou non, il s’agit du « slam ».
  • Le plug ou la voie intrarectale (lavements, suppositoires) est possible également.

Différentes substances

La famille des cathinones de synthèse est nombreuse et interdite en France par Arrêté au Journal Officiel en juillet 2012.

Les 3 M (Méphédrone, MDPV, Méthylone), 4-MEC, alpha-PVP sont les plus connues.

Les « NRG » sont des mélanges de cathinones, comme « NRG1 » qui peut contenir un mélange variable de naphtylpyrovalérone (NPV), de 4-fluoromethcathinone, de MDPV, de MDPBP et de pentylone. Elles s’achètent essentiellement sur Internet, leur production est asiatique mais il existe des lieux européens également (Pologne, Hollande). Les prix au gramme sont faibles lorsque les achats sont en grande quantité.

La méphédrone se comporte comme la méthamphétamine (peu présente en France), MDPV comme la cocaïne et la méthylone comme de la MDMA.

La 4-MEC a remplacé rapidement la méphédrone sur la toile lorsque cette dernière a été interdite isolément zen 2010 suite à des décès en Suède et au Royaume Uni en 2010. L’alpha-PVP est très proche de la MDPV.

Les effets

Les effets psychoactifs de ces substances sont sujets-, dose-, voie d’administration dépendants. Les principaux consommateurs de ces nouveaux produits de synthèse sont le mileu gay festif, branché, adepte de parties sexuelles ; le milieu festif alternatif ; les sujets dépendants aux drogues psychostimulantes, et/ou sous traitement de substitution opiacée ; les sujets socialement insérés, connaissant les drogues, voulant expérimenter de nouvelles substances.

La durée des effets varie en fonction des produits : de 2 à 5 heures pour la méphédrone ou de 2 à 7 heures pour la MDPV par exemple.

Les effets recherchés par les consommateurs sont l’augmentation de la sociabilité, de l’empathie, une euphorie, une augmentation des performances sexuelles et de la capacité de travail.

Les effets indésirables, non recherchés liés à l’usage de ces produits sont l’addiction, la « descente » (utilisation d’autres drogues pour gérer), le syndrome de manque, les complications psychiatriques, physiques, sociales, les overdoses, les interactions médicamenteuses (traitement psychotrope, anti-VIH, anti hépatite C…), les IST dues aux pratiques sexuelles à risque et les complications des injections intraveineuses (slam dans le cadre de chemsex).

Les complications

Elles sont nombreuses, à la fois somatiques et psychiatriques.

Une intoxication aigue aux cathinones de synthèse peut être à l’origine d’une symptomatologie inquiétante incluant :

Plusieurs cas de syndrome sérotoninergique ont été décrits en rapport avec la consommation de cathinones.

Les principales conséquences psychiatriques d’une consommation de cathinones de synthèse sont la survenue de :

Des cas de décès associés aux cathinones de synthèse ont été déclarés.

Le traitement

Il n’existe pas de traitement curatif d’un trouble lié à l’usage de nouveaux produits de synthèse. L’approche médicamenteuse est symptomatique. La thérapie comportementale fait partie du traitement, ainsi que le repérage et le traitement des pathologies psychiatriques et somatiques associées, et des comportements sexuels à risque. 

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Auteur : Dr Laurent Karila, auteur du livre " Idées Reçues sur les addictions " aux éditions le Cavalier Bleu.
3 Avril 2017


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