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La bigorexie : j'en ai souffert et je m'en suis sortie

Publié par : rédaction Onmeda (03. janvier 2017)

© Shutterstock

Bon pour la santé, pour la ligne et pour l’esprit, l’exercice physique est indéniablement une bonne chose pour nous. Mais, pratiqué à l’extrême, on peut vite sombrer dans la bigorexie. Se sevrer de l’addiction au sport n’est pas facile et surtout certaines conséquences ne sont pas à négliger.

J’ai été bigorexique. De nature sportive, je me rendais religieusement à la salle de sport trois fois par semaine. Zumba aquatique, spinning, aquabike, TRX : pour ne pas me lasser et parce que je suis curieuse, j’ai testé toutes les activités possibles et imaginables. Un jour, j’ai décidé d’arrêter de fumer et c’est tout naturellement que je me suis tournée vers le sport pour réussir mon sevrage tabagique. A peine levée, j’enfilais mes baskets et je fonçais vers la salle de sport. Mes trois séances de sport hebdomadaires ont fait place à des sessions quotidiennes.

Rapidement, mon cardio du matin ne suffisait plus à me faire oublier la cigarette. Alors, j’y retournais également le soir. Deux fois par jour peut sembler excessif, mais pour moi, c’était devenu vital. Les endorphines étaient ma nouvelle nicotine.

J’ai tenu ce rythme pendant plusieurs mois, fière que j’étais d’avoir non seulement réussi à arrêter de fumer sans prendre un gramme, mais d'atteindre les objectifs que je m’étais fixée : des séances de sport toujours plus longues, toujours plus intenses comme si j’étais l’héroïne de la dernière publicité Nike. Puis les vacances sont arrivées et j’ai dû lever complètement le pied. Un changement radical qui n’a pas été sans conséquences... Me sortir de la bigorexie n'a pas été facile et je vous en livre ici les grandes lignes. Avec, en prime, les conseils du Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital universitaire Paul Brousse, et porte-parole de SOS Addictions.

La sensation de manque

Premier matin sans sport et la sensation de manque pointait déjà le bout de son nez. Dormir plus longtemps est certes agréable, mais le sport me manquait. Je me sentais triste. C’est comme si l’on m’avait retiré une partie de moi. Je rêvais de chausser mes baskets et de transpirer. Il aura fallu plus d’une semaine pour que je me fasse à mon nouveau quotidien sans sport.

L’avis de l’expert : Bien que bon pour la santé, le sport peut être comparé à une drogue lorsqu’il est pratiqué de façon pathologique. De fait, lorsqu’on lève le pied, on ressent des symptômes similaires à ceux d’une personne en sevrage tabagique.

La prise de conscience 

Il a fallu que j'arrête le sport, en gros que je me "sevre", pour me rendre compte que j'étais addict. Avant cela, j'étais dans le déni. C'est à dire que je me persuadais des bénéfices de mon activité, et de ma capacité à arrêter le sport quand je le souhaiterais.

L'avis de l'expert : Pour se sortir de la bigorexie, il faut déjà prendre conscience que quelque chose ne va pas. Les symptômes de sevrage ou encore la perte de contrôle et les conséquences physiques et sociales (blessures, isolement, etc...) liés à la pratique du sport sont d'autres signaux d'alarme de la bigorexie.

Le stress et l'irritabilité

Très énergique, le sport était aussi un moyen pour moi de dépenser mon énergie et d’éliminer le stress. Sans exercice physique, j’étais fébrile, à fleur de peau et facilement irritable. Un rien m’énervait. Même le soleil et la plage ne parvenaient pas à me détendre. Il me fallait ma dose d’endorphine.

L’avis de l’expert : Ces symptômes sont ceux du sevrage. Mais, ils peuvent également être pré-existants à l’addiction. La bigorexie a pu les masquer ou tenter de les amoindrir. De fait, à l’arrêt, ils refont leur apparition et on peut penser, parfois à tord, qu’ils sont le résultat de l’arrêt. Il ne faut pas confondre cause et effets. Avant de soigner une bigorexie, il convient de prendre en compte tous les éléments (stress, angoisses, inquiétudes, etc...) qui ont pu conduire à cette addiction. Et de les soigner en parallèle.

L'insomnie

Le sport me permettait de me détendre, de me dépenser et de faire le vide. Sans sport, les nuits étaient plus agitées, moins reposantes et au final, moins agréables. Il aura fallu plusieurs jours pour que je retrouve un sommeil apaisé.

L’avis de l’expert : Là encore, on retrouve les symptômes classiques dus au sevrage. Mais une insomnie peut révéler des angoisses, du stress causés par des éléments autres que le manque de sport. L’activité physique venant les apaiser, ils font leur retour, dès l’arrêt ou la diminution du sport.

La prise de poids

Les altères ? Je les ai remplacés par des gâteaux et des bonbons. J’ai compensé la cigarette par le sport et le sport par la nourriture. Et en bougeant moins, les kilos ont fini par s’installer.

L’avis de l’expert : Le sport est bon pour la santé. Il ne faut pas l’arrêter net. Au contraire, il faut retrouver le plaisir dans le sport et ne plus pratiquer une activité physique simplement pour ne pas souffrir.

La fonte musculaire

En arrêtant de pratiquer de façon si intense le sport, j’ai eu l’impression de perdre du poids. En fait, j’ai perdu du muscle, qui est plus lourd que la graisse. La fermeté, la peau et le mental en prennent un sacré coup.

Mon propre conseil : Depuis, j’ai repris le sport mais avec modération. La tentation est grande de repousser ses limites mais je veille à ne pas trop en abuser. Quelques séances par semaine, des jours off et surtout j’arrête de me mettre la pression !

Auteur : Dounia Malki

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