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Les jeunes et l’alcool : que peuvent faire les parents ? : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (22. juillet 2014)

Dr Anne-Marie Lehr-Drylewicz, médecin généraliste et professeur associé de médecine générale à la Faculté de médecine de Tours.

Faut-il pousser les jeunes qui boivent trop à consulter ?
Ils consultent généralement le médecin pour autre chose : vaccins, certificat d’aptitude au sport, délivrance de pilule. A cette occasion, le médecin peut leur poser quelques questions pour engager la discussion et faire un point : est-ce que vous fumez ? Lorsque vous sortez, avez-vous l’habitude de prendre un verre ? Etes-vous déjà monté dans la voiture de quelqu’un qui sortait d’une soirée un peu arrosée ? On démarre ainsi et après on parle. Chaque consultation est particulière. Ils parlent en général facilement de leur consommation d’alcool, n’ont pas de tabou ou de honte comme les adultes peuvent en avoir. Parfois, cela leur fait prendre conscience de certains risques personnels.


Que leur dites-vous pour les inciter à ne pas boire ?
On ne leur dit pas : « c’est mal ce que tu fais, tu ne devrais pas boire ». Tout discours moralisateur n’est pas profitable et clôt le dialogue. On peut leur parler des maladies induites par l’alcool dont on ne sait à l’avance qui va en être victime ou pas, mais aussi des accidents de voiture, de moto ou de scooters, qui sont la première cause d’invalidité chez les jeunes. Du risque d’agression sexuelle pour les filles qui, lors d'une soirée, ont trop bu... Et de l’alcoolo- dépendance qui ne nous laisse pas maître de nous. Mais l’important c’est de leur donner le temps de parler, d’exposer leur point de vue et de corriger certaines idées reçues comme « une bière c’est moins dangereux qu’un alcool fort ». La référence est l’unité d’alcool. La quantité servie dépend du degré. Un verre de bière est plus grand qu’un verre de vodka mais c’est au bout du compte la même quantité d’alcool ingérée.

Voyez-vous aussi les parents lors de la consultation ?
Séparément pourquoi pas, mais si possible pas ensemble. Le rapport médecin/patient, quelque soit l’âge du patient, est lié par un pacte de confidentialité. Seul avec le médecin, l’ adolescent peut dire des choses sur ses pratiques, sur son rapport à l’alcool qu’il n’aurait pas envie de révéler devant ses parents, souvent parce qu’il a peur de les inquiéter et de rendre le climat à la maison pénible. Trop de parents ressentent le besoin de tout savoir sur leurs enfants, voire de répondre à leur place. Cela n’aide pas l’enfant à prendre ses responsabilités.


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