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Tanorexie : un trouble addictif méconnu ?

Publié par : rédaction Onmeda (31. mai 2017)

© Shutterstock

La peau est un organe à la fois complexe et fragile. Elle constitue, entre autres, une protection vitale contre les agressions extérieures. Le soleil, c’est bon pour notre psyché, notre moral, notre capital émotionnel positif.

Le bronzage est une activité socialement valorisée. Depuis les années 1900, il est considéré comme un marqueur de « bonne santé » mais il peut devenir la source d’une addiction comportementale chez les sujets les plus vulnérables.

La tanorexie est une addiction dont on parle peu, mais elle peut faire de gros dégâts sur notre santé.
On parle également de dépendance au bronzage, de bronzomanie, ou de bronzage compulsif.

Même si ce trouble n’est pas reconnu officiellement dans les grandes classifications internationales (DSM-5 pour l’American Psychiatric Association, CIM-10 pour l’OMS), la « bronzomanie » a été comparée, pour la première fois en 2005, à un trouble de l’usage de drogues ou d’alcool, par Wharthan, une dermatologue américaine.

Différents facteurs de risque de vulnérabilité pour l’addiction au bronzage ont été identifiés :

  • un âge de début précoce de l’activité de bronzage
  • le sexe féminin
  • des antécédents familiaux de dépendance au bronzage
  • une exposition excessive au soleil sans protection
  • avoir eu un certain nombre de « coups de soleil » l’année précédant le trouble
  • l’utilisation de cabine de bronzage avant l’âge de 18 ans
  • passer un grand nombre d’heures par semaine en cabine à Ultraviolets
  • passer un temps important à bronzer en cabine malgré la présence du soleil
  • aller plus de 12 fois par an en cabine de bronzage
  • un trouble de l’humeur saisonnier
  • une addiction à l’alcool
  • un usage de substances
  • une addiction à l’exercice physique
  • la prise médicaments psychotropes et d’antidépresseurs

Tanorexie : l'addiction au bronzage

L’un des mécanismes physiopathologiques du bronzage compulsif serait la libération ­ lorsque la peau est exposée aux UV. L’action hédonique (c’est-à-dire procurant un état de plaisir) de la Bêta-endorphine­­ serait un médiateur de l’addiction aux UV.

Une récente étude, réalisée par Aubert et collaborateurs en 2016, utilisant l’imagerie cérébrale chez des addicts au bronzage comparés à des non addicts, a montré des modifications dopaminergiques.

Il y aurait une forte réponse neuronale de la récompense chez les adddicts exposés aux rayons ultraviolets. Ce résultat sous-tendrait une connexion neuro-cutanée à l’origine d’une utilisation excessive des cabines de bronzage.

La fréquentation élevée de ces cabines est particulièrement marquée chez les jeunes pour des raisons cosmétiques. Une étude lilloise récente a montré que l’une des principales raisons évoquées par cette population était « de préparer sa peau avant des bains de soleil pendant les vacances par exemple ».

L’addiction au bronzage est caractérisée par un certain nombre de critères diagnostiques :

  • un comportement excessif de bronzage,
  • la perte de contrôle,
  • la perte de temps consacré au bronzage,
  • la poursuite du comportement malgré la connaissance évidente des risques pour la santé d’une exposition solaire prolongée,
  • un « craving » (« envie à en crever ») pour le bronzage,
  • différents types d’émotions positives (joie, bien-être) et/ou négatives (tristesse, angoisse, irritabilité, contrariétés…),
  • des symptômes aspécifiques de sevrage,
  • le besoin d’augmenter les « doses » de bronzage en termes de fréquence et d’intensité pour obtenir des effets similaires à ceux qu’elles ont ressentis les premières fois.

L’exposition en cabines UV est particulièrement associé au risque de cancer de la peau (carcinome baso-cellulaire) surtout chez les moins de 25 ans, et augmente le risque de mélanome. Il existe également un vieillissement cutané prématuré.

La thérapie cognitive et comportementale est le principal traitement symptomatique et curatif de ce trouble. Il faut bien évidemment évaluer et traiter les troubles psychologiques (dépression, troubles anxieux) et addictologiques associés.

La prévention de l’exposition solaire précoce ou prolongée doit être également envisagée.

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