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Biopsie de la prostate : les complications

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (20. décembre 2015)

Et après une biopsie de la prostate que se passe-t-il ? Les jours qui suivent, de petits saignements peuvent apparaître. Des saignements dans les urines et dans le sperme (on a piqué votre prostate en plusieurs endroits, c'est normal), mais aussi parfois des saignements au niveau de l'anus. Dans ce cas, il peut s'agir de petites hémorroïdes agressées par la sonde échographique. Tout cela est sans gravité. Le médecin comprimera les zones qui saignent. Cependant, si les saignements sont trop importants, il faut prévenir son urologue.

Les complications


Pour prévenir certaines complications infectieuses, des mesures de précaution sont mises en place. Le traitement antibiotique qui a été prescrit (et que le patient a pris quelques heures avant l'examen), va prévenir les risques de prostatite qui sont les risques les plus fréquents, bien que rares : moins de 2 % des cas.
Cependant, il peut arriver, dans de très rares cas (1 % à peine) que l'examen entraîne une septicémie. Si, dans les jours qui suivent, le patient présente une fièvre supérieure à 38.5° C, des frissons, un malaise, ou encore des brûlures urinaires, il doit prévenir immédiatement son médecin. Un traitement antibiotique sera prescrit. Il s'agit d'une urgence thérapeutique.

Les résultats


Au moment de l'examen, chaque échantillon prélevé dans la prostate, va être déposé dans un tube séparé. Ces petits tubes partent ensuite au laboratoire d'anatomo-pathologie, pour y être analysés au microscope. Les résultats seront annoncés en consultation au plus tôt au bout de huit à dix jours.

Attention : si la biopsie est positive, l'urologue guidera le patient pour le traitement à envisager. Si la biopsie est négative, cela ne veut pas dire que l'on n'a pas de cancer. Si la présomption est trop forte, le médecin pourra demander de faire pratiquer une nouvelle biopsie ou d'avoir une surveillance plus rapprochée. C'est ce qui se passe dans 15 à 20 % des cas des biopsies négatives.

Au terme du travail effectué par l'anatomo-pathologiste dans son laboratoire d'analyse, il va être possible d'évaluer l'agressivité des cellules cancéreuses ainsi que le volume de la tumeur ou des tumeurs. Ainsi, sera calculé le score de Gleason qui va de 6 à 10, au-dessus de 8 il s'agit d'un cancer très évolutif. Mais même si la biopsie apporte des informations cruciales, elle peut sous-estimer l'agressivité ou le volume de la tumeur, si par malchance les prélèvements de la biopsie prostatique se sont faits sur des zones saines.

Parfois, des biopsies répétées tous les ans peuvent être proposées en cas de surveillance active d'un cancer de la prostate.

La biopsie de la prostate est désormais souvent couplée avec une IRM. Cet examen d'imagerie médicale permet de bien visualiser la prostate et permet d'apporter de nombreuses informations sur la ou les tumeurs prostatiques. Il est recommandé d'effectuer une IRM avant la biopsie, car le premier examen permet déjà d'analyser les zones suspectes, ce qui aidera pour réaliser la biopsie (et faire alors un peu plus de 12 prélèvements).

Dans tous les cas, on ne doit pas hésiter à poser toutes les questions qui nous préoccupent à son médecin traitant ou à l'urologue. Ils ont l'habitude de rencontrer des patients inquiets et ils sont là pour apporter des réponses.

A lire :
> L'opération du cancer de la prostate.
> Tout savoir sur le cancer de la prostate : causes, symptômes et traitements.

Auteur : Sylvie Charbonnier.
Expert consultant : Professeur Emmanuel Chartier-Kastler, urologue à l'Hôpital de la Pitié-Salpétrière, Paris.

Sources et notes :
> Sites Afu, Inca. 2015
> La chirurgie dans le contrôle local du cancer de la prostate. Rapport de 109ème Congrès Français d'Urologie, 2015.



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