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Dépister un cancer : Le cancer du col de l'utérus et de la prostate

Publié par : Elide Achille (13. novembre 2012)

Suite de l'interview d'Agnès Buzyn, présidente de l'Institut National du Cancer (INCa), sur les solutions pour prévenir et dépister le cancer du col utérin...

Et quand est-il du cancer du col de l'utérus, quelle est la politique de prévention ?
Agnès Buzyn : Il existe un dépistage par frottis que l’on effectue chez un médecin. Il est recommandé de s’y soumettre tous les trois ans. Il s’agit encore d’un dépistage individuel, sauf dans treize départements pilotes où un programme de dépistage organisé a été mis en place à titre expérimental. L’intérêt est d’évaluer les bénéfices et les risques de ce programme pour éventuellement faire une recommandation de dépistage au niveau national. Dans ces départements, il s’agit uniquement d’inviter les femmes qui n’ont pas fait de frottis dans les trois dernières années.
Le cancer du col de l’utérus représente heureusement peu de cas en France, par rapport au cancer du sein. Le bénéfice d’un dépistage systématique quand l’incidence est faible et que l’on s’attend à détecter très peu de cas, n’est donc pas assuré.

Il y a par ailleurs un vaccin disponible permettant de lutter contre le cancer du col de l'utérus...
Agnès Buzyn : Il existe en effet un vaccin contre le papillomavirus ( HPV) recommandé aux jeunes filles dès l’âge de 14 ans et avant le début de l’activité sexuelle ou, au maximum, dans l’ année qui la suit. Mais cela reste une recommandation, la vaccination n’est pas obligatoire.

Le cancer du col utérin est un cancer que l’on a les moyens d’éradiquer en grande partie, en commençant par vacciner les femmes jeunes. Pourtant, il existe en France une grande défiance vis-à-vis des campagnes de vaccination... alors qu’il y a des pays (Australie et Canada, par exemple) où non seulement la vaccination est obligatoire, mais on va même se mettre à vacciner les garçons, parce qu’ils peuvent être vecteurs du virus oncogène.

Quelle est la position de l'INCa par rapport au cancer de la prostate, malheureusement très fréquent. Quid du dépistage qui a fait débat ces derniers temps ?

Agnès Buzyn : La position de l’INCa, comme celle des autres agences sanitaires, est très claire : le dépistage systématique par dosage sanguin du PSA ne présente pas de bénéfices avérés. Le PSA n’est pas spécifique du cancer de la prostate et pas forcement sensible : on peut avoir un dosage de PSA normal et un cancer. Il s’agit bien sûr d’un important outil de suivi des patients, quand il y a un risque individuel. Cet examen reste donc à prendre en considération au cas par cas avec son médecin. D’ailleurs, même les pays qui l’avaient mis en place et utilisé pour un dépistage systématique chez les hommes de plus de 50 ans, reviennent lentement sur leurs pas.



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