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Dépister un cancer : Le dépistage du cancer du sein

Publié par : Elide Achille (13. novembre 2012)

Suite de l'interview d'Agnès Buzyn, présidente de l'Institut National du Cancer (INCa) qui explique dans quels cas le dépistage du cancer du sein peut être envisagé dès 40 ans...

Pourquoi on ne propose-t-on pas de mammographies avant 50 ans, par exemple dès l'âge de 30 ans ?
Agnès Buzyn : Il faut rappeler que la mammographie est un examen qui n’est pas anodin, parce qu’elle utilise des rayonnements ionisants. Avant 50 ans, le sein des femmes est plus dense, donc la dose de rayonnement nécessaire pour obtenir une image radiographique de bonne qualité doit être plus importante. Si on le faisait tous les deux ans, à partir de 30 ans, la dose de rayonnement pourrait elle-même induire un risque de cancer. Pour soumettre des femmes de moins de 50 ans à cet examen, il faut le justifier et avoir des arguments médicaux.

Il y a toutefois des associations de patientes relayées par des médias qui insistent pour commencer le dépistage du cancer du sein dès 40 ans...
Agnès Buzyn : 20 % des cancers du sein sont diagnostiqués avant 50 ans, c’est donc un chiffre important. On sait très bien que le cancer du sein est le premier cancer chez la femme en incidence et en mortalité, avec environ 50 000 cas par an. La question d’avancer l’âge du dépistage à 40 ans peut donc se poser. Actuellement, les études mettant en balance le risque lié aux rayonnements ionisants (risques de cancer radio-induit) et l’intérêt de dépister les femmes plus tôt, ne sont pas en faveur d’un dépistage généralisé précoce... La balance bénéfices-risques n’est pas favorable au dépistage de toutes les femmes dès 40 ans. Toutefois, la question est en cours d’étude pour la tranche d’âge 45-50 ans.

La démarche de santé publique qui s’adresse à toutes les femmes de plus de 50 ans, n’interdit pas à un médecin, sur la base de l’histoire individuelle d’une femme, de proposer à sa patiente un dépistage avant 50 ans.

Et pourquoi on arrête-t-on le dépistage à 74 ans ?
Agnès Buzyn : Car quand on dépiste un cancer du sein, chez une femme de plus de 74 ans, il se peut que, même si elle a un cancer, celui-ci évolue lentement et elle décédera d’autre chose. On risque de mettre en évidence un petit cancer et de proposer alors un traitement, une intervention chirurgicale... créant un risque de sur-diagnostic et de sur-traitement. Chaque tranche d’âge a ses risques. Et à partir d’un certain âge, les choses deviennent plus délicates. Mieux vaut là aussi, un dépistage qui s’envisage au cas par cas.



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