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Dépistage du cancer du sein : De plus en plus de guérisons

Publié par : Dr. Ada Picard (11. octobre 2016)

Dépistage, traitements, pronostic de guérison …
Le cancer du sein soulève toujours de nombreuses interrogations ! Dr David Elia, gynécologue et auteur du livre « Faites un pied de nez au… Cancer du sein ! », a répondu à nos questions.

On guérit de plus en plus du cancer du sein. Quelles sont les principales raisons ?

Dr David Elia : Il y a 2 raisons principales à cela :  de plus en plus de femmes ont un dépistage précoce, par mammographie : cela permet un diagnostic de tumeurs débutantes, beaucoup plus petites - souvent inférieures à 1 cm - qu’auparavant et n’ayant pas encore envahi les ganglions. Les femmes font ce dépistage spontanément en allant voir leur médecin ou alors dans le cadre du dépistage systématique organisé par le ministère de la santé. Il y a donc plus de femmes dépistées aujourd’hui et de manière plus précoce. A partir de là, le pronostic est meilleur !
En même temps, les traitements eux-mêmes ont fait d’énormes progrès :
- On enlève beaucoup moins les seins (on procède à des interventions plus ciblées sur les tumeurs).
- La chimiothérapie a fait beaucoup de progrès.
- La radiothérapie a fait des progrès aussi. Et pour toutes les femmes qui ont des tumeurs à récepteurs hormonaux positifs (80% ou plus des femmes), il existe des médicaments, à prendre pendant 5 ans après la radiothérapie, qui diminuent encore le risque de récidive.

En France, un dépistage du cancer du sein est organisé pour toutes les femmes à partir de 50 ans. Mais en pratique, que peuvent faire les femmes avant cet âge pour essayer de prévenir ce cancer et pour se surveiller ?

Dr David Elia : Quand on diagnostique un cancer du sein chez une jeune femme d’une trentaine d’années, on est évidemment catastrophé. Mais en réalité, 93 % des cancers du sein touchent des femmes au-dessus de 40 ans, et majoritairement les femmes âgées entre 50 et 60 ans.
Je fais partie des médecins qui recommandent une mammographie dès l’âge de 40 ans. Certes, cela implique un petit pourcentage de surdiagnostics, c’est-à-dire qu’il arrive qu’on diagnostique et traite (biopsie, voire chirurgie) une anomalie qui finalement ne serait jamais devenue un véritable cancer. Mais si on fait le calcul, cet inconvénient du dépistage est largement pallié par les avantages du dépistage précoce. Car des tumeurs petites peuvent être mieux traitées, avec un très bon pronostic.

Pour les jeunes femmes qui souhaitent tout de même être vigilantes, il y a la possibilité de la palpation. La palpation par le médecin lors de l’examen gynécologique est indispensable, mais suffisante chez les femmes qui prennent la contraception et qui voient leur gynécologue au moins une fois par an. L’auto-palpation, environ une fois par mois, peut aussi aider à détecter une éventuelle tumeur. Le  problème est que les femmes vont souvent trouver – et s’angoisser pour - des choses qui en fait ne sont pas inquiétantes. Ça crée donc une angoisse inutilement. Aussi, souvent elles ne sont pas sûres de savoir comment faire.

Quand une femme apprend qu’elle souffre d’un cancer du sein, cette information provoque forcément la panique. Quel message pourriez-vous lui faire passer ?

Dr David Elia : Quand les femmes apprennent le diagnostic du cancer, c’est un vrai choc.
Une telle annonce ne se fait donc pas à la vite, par téléphone ou par lettre. Le médecin et l’équipe soignante seront très attentifs à ce moment, et prendront le temps pour expliquer bien et simplement la situation : ce qu’on va faire, dans quel ordre et pourquoi. Il est inutile de rentrer dans les détails compliqués et angoissants que la femme risque de ne pas retenir à ce moment de toute façon tant elle est choquée. Ce qu’elle veut entendre, est qu’elle va s’en sortir. Et si on peut l’affirmer – ce qui est souvent le cas, il faut le dire d’emblée et avec force pour la rassurer.
Quand on ne peut pas l’affirmer avec certitude, il faut tout de même essayer d’être positif sans pour autant faire de fausses promesses ou mentir : expliquer que l’on sait ce qu’il faut faire et qu’on va faire ce qu’il faut. L’important est de prendre le temps, d’être à l’écoute et de répondre aux réponses de la femme, si besoin par une deuxième consultation.


Entretien réalisé en février 2015.

Pour en savoir plus, téléchargez gratuitement le livre résolument positif « Faites un pied de nez au… Cancer du sein ! » : Les Livres Gratuits du Gynécologue David Elia

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> Vidéo : Quels sont les risques de la mammographie ?
> Vidéo : le surdiagnostic du cancer du sein
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