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Piercing ou tatouage en toute sécurité : l'avis d'un dermatologue

Publié par : rédaction Onmeda (06. décembre 2016)

Interview du Professeur Jacques Bazex, membre de l'Académie nationale de médecine. Il a travaillé sur un rapport qui a permis la mise en place de la nouvelle réglementation concernant les tatoueurs et pierceurs.

Quelles sont les principales mesures à prendre par les tatoueurs-pierceurs ?

Les principales mesures d’hygiène sont l’utilisation de gants à usage unique, de matériel à usage unique ou stérilisé dans une pièce isolée.
Ces professions ont tout intérêt à se médicaliser, et les tatoueurs-pierceurs devraient recevoir une formation aux gestes d’hygiène et de secourisme. L’idéal serait qu’ils aient la même formation que les personnes faisant les prises de sang dans les laboratoires médicaux.

Quels principaux risques peuvent entraîner les tatouages et les piercings ?
Il ne faut pas stigmatiser autour de quelques exemples mais plutôt garder à l’esprit que, même si les complications sont rares, elles sont suffisamment graves pour prendre toutes les précautions nécessaires. Toute infection chronique persistante présente un risque accru. Le risque d’une sensibilisation aux métaux ou aux colorants est aussi à retenir. En France, on manque de données sur les personnes tatouées et piercées, les cas d’infections et les conditions dans lesquelles sont réalisées ces opérations. Il est temps de les encadrer car le tatouage et le piercing sont en train de se banaliser.

Êtes-vous satisfait du décret mis en place ?
Le rôle de l’Académie de médecine est, avant tout, d’informer les gens et les pouvoirs publics sur les risques possibles. Une question essentielle n’a pas été posée : comment qualifier le geste du tatoueur ou du pierceur. S’agit-il d’un acte paramédical ? Chirurgical ? Cette qualification aiderait à déterminer l’acte puis la notion de responsabilité. Par exemple, le chirurgien est responsable quand le patient souffre d’une infection après une opération. Par ailleurs, certaines de nos recommandations n’ont pas été satisfaites : le client devait disposer d’un délai de réflexion de 15 jours après la première rencontre et passer une visite médicale pour éviter les risques traumatiques, allergiques et infectieux. Nous aurions dû également insister sur les problèmes dentaires provoqués par les piercings buccaux. Enfin, les piercings génitaux représentent un risque très élevé de complication et devraient être interdits.

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Pr Jacques Bazex, dermatologue et membre de l'Académie nationale de médecine

Pr Jacques Bazex, dermatologue et membre de l'Académie nationale de médecine


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