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Biberons : faut-il avoir peur du bisphénol A ? : L'avis du scientifique

Publié par : Clémentine Fitaire (02. juin 2009)

Entretien avec Eric Houdeau, chercheur dans l'Unité de Neuro-Gastroentérologie et Nutrition, Pôle de toxicologie alimentaire de l'INRA de Toulouse.

Où en sont réellement aujourd'hui les études scientifiques à propos des effets du bisphénol A ?

Le bisphénol A (BPA) est un « perturbateur endocrinien » d’origine chimique, capable de mimer les effets des hormones œstrogènes que produit naturellement notre corps, principalement chez la femme. Actuellement, beaucoup d'études scientifiques menées sur le BPA portent sur les effets d’exposition aux « faibles doses », c’est-à-dire inférieures ou égale à la « dose journalière admissible » (DJA) pour l’homme. Des effets ont été observés chez les animaux sur les fonctions testiculaires, le développement cérébral, la glande mammaire ou encore la fonction ovarienne, d’où une inquiétude grandissante.

Quelles ont été les mesures prises à cet égard ?

Puisque la demande de la société est de plus en plus pressante, l’INRA a inauguré cette année à Toulouse un Pôle de Recherche en Toxicologie Alimentaire (TOXALIM), dont la mission est de s’assurer que l’alimentation n’est pas un véhicule de substances indésirables. Parmi ces substances, le BPA est bien sûr au cœur du débat, en particulier pour l’enfant en bas âge chez lequel l’exposition paraît la plus importante étant donné son faible poids et l’utilisation de biberons en polycarbonate.

Quels sont les principaux " sujets " d'étude ?

Les travaux à l’INRA de Toulouse portent notamment sur l’exposition in utero pour le fœtus, résultat de l’ingestion de BPA par la mère et de sa transmission par le placenta. On étudie tout particulièrement l’effet du BPA dans notre intestin, puisque c’est le premier organe en contact avec cet agent dès qu’il est ingéré, et que l’intestin est très sensible aux œstrogènes.

On teste également l’effet de ce type de substances sur le métabolisme des lipides par le foie et le tissu adipeux, car on soupçonne le BPA d’être une cause d’obésité.

Pour autant, on ne part pas systématiquement du principe que le BPA est toxique... on recherche surtout les doses d’exposition pour lesquelles on ne constate plus d’effet sur l’organisme, et c’est à partir de cette observation que l’on pourra définitivement établir de nouvelles normes d’exposition absolument sans impact, donc sans risque pour notre santé.

Les biberons en verre reviennent à la mode, sont-ils, eux, sans aucun danger pour les enfants ?

Le danger du verre repose essentiellement sur son éventuelle casse dans les mains de l’enfant, ou de bris de verre présents dans le biberon... À nous, parents, d’y faire attention ! Passé cette évidence, le verre est de loin le contenant le plus sain pour chauffer des liquides ou de la nourriture.

Hier le débat portait sur les phtalates (produits chimiques utilisés dans les matières plastiques), aujourd'hui sur le bisphénol A.
Trouvera-t-on un jour la matière " parfaite ", " idéale ", pour nourrir nos enfants ?

Aujourd’hui encore les phtalates restent d’actualité, même si des efforts importants ont été réalisés pour minimiser leur utilisation dans des produits destinés à l’enfant ( tétines, jouets pour les moins de trois ans...). Les sources d’exposition restent pourtant nombreuses quel que soit l’âge, et les laboratoires INRA de TOXALIM travaillent activement sur ces questions, toujours concernant les effets « faibles doses ».

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Éric Houdeau, chercheur au Pôle de toxicologie alimentaire de l'INRA de Toulouse.

Éric Houdeau, chercheur au Pôle de toxicologie alimentaire de l'INRA de Toulouse.


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