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Bébé prématuré : le rôle primordial des parents : Témoignage d'une maman

Publié par : rédaction Onmeda (17. novembre 2016)

Carine, 34 ans, est mère d’Enzo, né avant terme.

Vous êtes la maman d'un petit Enzo né prématuré. Quelle est votre histoire ?

J’ai fait une fécondation in vitro avec micro-injection. Autant dire que dès le début, ça a été difficile. Mais, ça a marché. J’ai été enceinte de deux bébé. Malheureusement le bonheur n’a pas duré très longtemps. J’ai dû accoucher en urgence à 28 semaines. L’un des deux bébés est mort à la naissance.
Le deuxième, Enzo, est né à 1 kg 110. Cela a été terrible. D’abord, la mort de l’un des bébés, puis l’angoisse pour le deuxième. C'était terrible, je le voyais, tout petit dans sa couveuse.

Quelle était votre impression ?

C’était très impressionnant. On aurait dit un fœtus plus qu'un nouveau-né. Sa peau était transparente, on voyait les veines. Il semblait tellement fragile ! Il était intubé pour respirer. Il avait une sonde pour s’alimenter et une perf. C’était l’angoisse tout le temps et j'avais peur de ne jamais pouvoir le ramener à la maison.
Toute l’équipe soignante était super sympa avec moi, mais sur les pronostics, ils ne s’avançaient pas trop. Ils me disaient juste qu’un jour de plus, c’était un jour de gagné. Une leçon de sagesse, vraiment !

Et votre moral ?

Mon moral allait avec des hauts et des bas. Quand mon bébé allait bien, moi aussi, je reprenais confiance. Quand il avait des soucis, qu’il était fatigué, je m’effondrais. Et il a eu des tas de problèmes. Une infection au niveau de son cathéter. Les médecins ont heureusement pu identifier la bactérie. Mais je me souviens, il faisait régulièrement des bradycardies. La machine se mettait à sonner, ça me terrifiait quand son cœur se ralentissait. Et puis, au bout de deux mois, il a eu une septicémie. Là, j’ai vraiment cru que j’allais le perdre. Mais il a été transfusé, il s’est rétabli, et il est resté intubé pendant plus de deux mois et demi. Et puis, il y avait des jours où il était en pleine forme. Je crois qu’il avait vraiment envie de vivre, de se battre. J’essayais de lui faire passer ça, comme je pouvais. De lui faire sentir combien j’avais besoin de lui. Besoin qu’il reste en vie. Après quatre mois d’hospitalisation, il a pu sortir, sans oxygène.

Comment s'est passé, pour vous, le temps de l'hospitalisation ?

Je pourrais résumer en disant que je connais très bien le chemin qui mène de la néo-nat' aux soins intensifs ! On a fait les allers-retours un certain nombre de fois.
Au début, il y a eu le choc de la mort du premier bébé et l’angoisse pour le deuxième. Les médecins et tous les soignants étaient vraiment sympas. D’ailleurs on est resté longtemps en contact. Ils savaient l’angoisse que je pouvais éprouver et ils étaient rassurants. Pas dans leurs paroles, mais dans leur présence. Ils prenaient le temps d’expliquer. Ils me laissaient approcher ou voir mon bébé quand je le voulais.
Je faisais les allers et retours entre la maison et l’hôpital. En fait, quand j’étais chez moi, je tournais en rond. Je me demandais ce qui se passait là-bas. S’il allait bien. Alors, je repartais. Et je restais près de lui, à le regarder.

Et comment ce sont passés les premiers contacts physiques avec lui ?
Je n’osais pas trop le toucher. J’avais peur. Il était si petit. Et puis, j’avais peur de lui transmettre des microbes. En fait, son père arrivait mieux que moi à le prendre. C’est quand je voyais un autre bébé, né à terme, que je me rendais compte à quel point le mien était petit. Les infirmières m’avaient conseillé de lui donner un objet à moi, avec mon odeur, un foulard. Et je lui parlais beaucoup, je lui chantais des chansons.
C’est vraiment une épreuve. Une leçon de courage, de patience. Une leçon d’amour aussi.

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