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Dépister une surdité chez le nouveau-né : Les conseils d'un médecin spécialiste

Publié par : Clémentine Fitaire (30. septembre 2011)

Interview du docteur Joëlle Troussier, médecin spécialiste ORL au CHU de Grenoble.

Pourquoi, en France, a-t-on attendu autant avant d'envisager de mettre en place un dépistage systématique néo-natal de la déficience auditive ?

La France est très en retard. Tous nos voisins européens pratiquent ce dépistage à la maternité, dès le troisième jour de la naissance de l’enfant. Je suppose que les raisons sont surtout financières. Cela demande un investissement en matériel et en personnel.
Et puis, il existe certaines personnes qui disent encore : à quoi bon savoir trop tôt que son enfant va être handicapé ! Ce qui est évidemment un très mauvais calcul.

Alors quels conseils donneriez-vous ?

Puisque, plus on attend, plus l’enfant va prendre du retard et plus il sera difficile de le rééduquer, il est donc très important, de dire aux parents que, si ce dépistage n’est pas effectué dans la maternité où la maman accouche, ils doivent absolument aller consulter un ORL, sans attendre les premiers signes.
Et si on a un doute, dans tous les CHU, il existe des centres de diagnostic. Ils peuvent pratiquer des tests sophistiqués et apporter un diagnostic sûr.

Est-ce qu'il est facile de voir que son enfant souffre d'une surdité ?

Non. Justement. C’est difficile de dépister une surdité chez un jeune enfant. Aussi bien pour les parents que pour le médecin, parfois. On voit un enfant agité, agressif, angoissé, qui a du retard dans ses apprentissages, parfois des troubles de l’équilibre.
On ne pense pas forcément que c’est un enfant sourd. On peut penser qu’il souffre de troubles psychologiques. Et c’est un vrai problème. Car, encore une fois, plus on s’y prend tard, plus ce sera difficile. Et il n’est pas rare de voir des enfants de 18 mois sourds, sans que personne ne s’en soit rendu compte. C’est une véritable catastrophe.

Est-ce que l'appareillage ou les implants, ça marche ?

Bien sûr. Un petit enfant qui aura été diagnostiqué assez tôt et à qui on aura posé, dès les premiers mois de sa vie un appareil, ne va pas prendre de retard dans l’acquisition de la parole. Il lui faudra un accompagnement, bien sûr. Une rééducation, mais il pourra acquérir le langage normalement.
Et, plus tard, être scolarisé normalement. Et, même si l’appareil n’est pas suffisant, l’ implant cochléaire pourra lui assurer une bonne qualité de vie et d’audition. Encore une fois, le plus important est de pouvoir diagnostiquer le plus tôt possible une déficience auditive.

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NB : La fondation Hear the World soutient toutes les actions permettant de prévenir ou de traiter la surdité ou la baisse d'audition.


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