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Être opéré du cerveau éveillé : Guider le chirurgien... et éviter les séquelles

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (19. mars 2015)

L'objectif de ce type d'opération très particulière est d'effectuer une stimulation de certaines régions du cerveau au cours de l'intervention chirurgicale et ainsi d'éviter des séquelles après l'opération et d'optimiser la récupération. En neurochirurgie, les études sur la plasticité ont conduit à mettre au point une forme particulière de stimulation qui permet de guider le geste chirurgical et d'opérer plus de malades qu'autrefois.

Ainsi, on peut aujourd'hui intervenir chirurgicalement sur certaines tumeurs situées dans des régions réputées inopérables, grâce à cette technique qui rend possible le repérage des réseaux de compensation mis en place par le cerveau du patient.

Une "cartographie" individuelle du cerveau


La stimulation électrique per-opératoire consiste à tester les réseaux de neurones au moyen d'impulsions électriques de quelques secondes. Elle permet de dresser une cartographie individuelle du cerveau du patient.

La stimulation s'effectue au moment même de l'opération, en temps réel. Si un symptôme apparaît lors de la stimulation d'un réseau, on peut affirmer le caractère essentiel du site stimulé dans la nouvelle organisation cérébrale du patient. Il ne faut pas y toucher. Si, à l'inverse, il ne se passe rien, une ablation chirurgicale est possible.

De cette façon, le neurochirurgien vérifie, au fur et à mesure, que l'intervention respecte les connexions essentielles mises en place par le cerveau pour assurer des fonctions comme le langage, la mémoire, les gestes... Et il est possible d'opérer sans créer de séquelles.

En pratique, la mise en oeuvre de la stimulation per-opératoire implique que le patient soit opéré éveillé. Il peut ainsi informer le neurochirurgien de l'apparition d'un trouble (langage, gestes...). Cela ne pose aucun problème dans la mesure où le cerveau ne ressent pas la douleur.

Après l'intervention chirurgicale, un examen d'imagerie - une IRM fonctionnelle peut montrer l'évolution de la réorganisation cérébrale, en comparaison avec les examens d'imagerie réalisés avant l'opération.

La Fédération pour la recherche sur le cerveau finance des travaux sur la plasticité du cerveau, mais aussi sur beaucoup de maladies du cerveau et leurs traitements. Pour en savoir plus : FRC.

Le Pr Hugues Duffau a participé au dossier de presse et à la conférence de presse de la FRC pour le Neurodon 2008.


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