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Différences d’âge : le témoignage de José, 18 ans

Publié par : Clémentine Fitaire (19. avril 2016)

Pendant quinze ans, José a vécu le parfait amour avec Lili, une femme de 19 ans son aînée. Elle est morte dans ses bras, d’une rupture d’anévrisme. Depuis, José a réussi à refaire sa vie...

Quel âge aviez-vous, lorsque vous avez rencontré Lili ?

Oh ! J’étais très jeune. J’avais 18 ans. Elle en avait 37. Je l’ai rencontrée chez des amis. Et j’ai eu immédiatement le coup de foudre. Elle était très belle, très féminine et très douce. J’étais assis en face d’elle, pendant le dîner, chez mes amis. Nous n’avons parlé que tous les deux, comme si nous étions seuls. Je n’ai absolument pas pensé à son âge. Sur tous les sujets que nous abordions, nous étions d’accord. Tout le reste de la soirée, nous l’avons passé à parler ensemble. Et, en fait, nous ne nous sommes plus quittés. Je l’ai revue dès le lendemain. Elle avait été mariée. Elle n’avait pas d’enfant. Quelques jours plus tard, j’étais installé dans son appartement. Et ça a duré pendant quinze ans dans le plus grand bonheur.

Quelle relation aviez-vous avec vos parents ?

J’ai quitté ma famille très tôt. J’ai commencé à travailler à 16 ans. Des petits boulots. Je m’entendais très mal avec mes parents. Mon père était un homme brutal. Ma mère lui était soumise. Je ne supportais pas leur relation très conflictuelle.
Lorsque je me suis installé avec Lili, je n’avais quasiment plus de contact avec mes parents. Ils ne savaient rien de ma vie. Ma mère m’appelait une fois de temps en temps, en fin d’année, pour prendre un peu de mes nouvelles. Mes parents savaient que je vivais avec Lili. Ils connaissaient son âge. Mais, nous n’en avons jamais vraiment parlé.

Comment viviez-vous cette différence d'âge ?

Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Je m’en fichais totalement ! C’est Lili que j’aimais adorant la femme qu’elle était. J’étais fier que ce soit une femme et pas une jeune fille. D’abord, au début, je pense que c’était flatteur pour moi. Je n’avais que 18 ans. J’avais eu quelques relations avant elle, avec des filles de mon âge, ou à peine plus âgées. Et me retrouver, comme ça, aimé d’une vraie femme, ça me flattait un peu. J’étais tellement fier de l’amour qu’elle me portait. Nous étions fusionnels, tous les deux. Sexuellement, c’était l’union parfaite. Intellectuellement aussi. C’était la femme de ma vie.

Cette différence d'âge était plus gênante pour elle que vous vous...

Elle a surtout commencé à parler de ça, quand elle a abordé la période de la ménopause. Je crois que cela a été très difficile pour elle. Moi, j’étais toujours très jeune. Je crois qu’elle, ça la fait beaucoup souffrir. Elle se trouvait moins belle. Elle devait se croire moins désirable. Elle devait avoir peur de moins me plaire. Mais moi, je ne la voyais pas vieillir.
Je pense que je n’ai pas su bien entendre sa souffrance, par rapport à ça. Mais, je l’aimais tellement, que ça devait aussi la rassurer. Quand elle est morte, elle avait 52 ans. Un matin, brutalement., dans les escaliers de la maison, elle m’a appelé : Minou... Elle m’appelait comme ça ! Minou, je ne me sens pas bien. Je suis arrivé et elle est tombée dans mes bras.

Vous êtes maintenant marié avec une femme de votre âge. Vous parlez souvent de Lili ?

Elle fait partie de notre vie. Lorsque j’ai rencontré ma femme, j’étais détruit. Je n’avais pas envie de vivre sans Lili. Je souhaitais mourir. Ma femme m’a aidé. C’est elle qui a souhaité notre relation et m’a aidé à me reconstruire. En fait, elle a été très vite enceinte... Mais elle savait que j’aimerais toujours Lili. Elle a compris ça. Elle a respecté cet amour, au point que notre fille porte le prénom de Lili en deuxième prénom. Et qu’à chaque anniversaire de la mort de Lili, ma femme m’offre une rose. Sans rien dire. Elle est avec nous. Je n’aurais pas pu refaire une vie avec quelqu’un qui n’aurait pas accepté ça.

L'avis du psychiatre

L'avis du Dr Youssef Mourtada :

On peut dire que José a trouvé la maman idéale. Il nous dit qu’il est en conflit avec ses parents et notamment avec sa mère, soumise à un père violent. Lili est belle, intelligente et pas soumise, elle ! Elle lui a appris beaucoup.
On peut imaginer que, dans son enfance, José a eu envie de protéger cette maman trop soumise. On peut imaginer qu’il a eu envie de prendre la place de ce père violent. De se substituer à lui, comme tous les enfants en période œdipienne. Mais l’inceste est interdit.
Alors, à l’âge d’homme, trouver un substitut maternel, comme ça, c’est idéal.

Pour réagir, apporter votre témoignage... rendez-vous sur notre FORUM.

Dr Youssef Mourtada, psychiatre

Dr Youssef Mourtada, psychiatre


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