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Différences d’âge : ils et elles racontent: Jacques, 65 ans

Publié par: Clémentine Fitaire (28. août 2009)

Jacques est à la retraite depuis quelques mois. Il est marié depuis 18 ans à Adeline, de 22 ans sa cadette. Ils ont trois enfants. Il y a quelques mois, Jacques est tombé malade.

Vivre avec une femme de 22 ans de moins que vous, est-ce que ça vous pose problème ?

Ce serait bien hypocrite de dire que oui... Vous ne croyez pas ? Je vis avec une femme jeune, belle, intelligente et qui m’a donné trois beaux enfants... Vous voudriez que je me plaigne ? Quand j’ai rencontré Adeline, elle avait 24 ans. Elle était magnifique. Elle travaillait avec moi. Je n’ai jamais rien eu d’un Dom Juan, et pourtant, je peux vous dire que c’est elle qui m’a dragué ! Bon, gentiment. Elle était assez timide. Mais quand même. C’est elle qui voulait une relation. J’aurais pu être son père... D’ailleurs, son père a un an de moins que moi ! Alors, quand on arrive à séduire une belle jeune femme comme elle, on ne se pose pas trop de questions. En tout cas, moi, je ne m’en suis pas posé.

Comment s'est déroulé le début de votre aventure ?

Je sortais d’un divorce difficile, très conflictuel. Je me sentais très seul. Elle était très maternelle avec moi. C’est un paradoxe... mais elle a toujours été très maternelle avec moi ! Et elle l’est encore.
Je ne voulais plus d’enfant. J’avais un fils qui avait une dizaine d’années, à l’époque. Il souffrait beaucoup de mon divorce avec sa mère. Je crois que j’avais envie qu’elle s’occupe de moi exclusivement.
Mais, elle était jeune, elle avait envie de construire une famille. Nous avons donc eu un enfant. Un fils. Elle ne voulait pas qu’il reste fils unique. Nous avons donc mis en route un deuxième enfant. Il a fallu faire une FIV. Et, finalement nous avons eu des jumelles.

Vous avez donc été papa assez tard. Vous avez aimé ?

Non. Franchement, non. C’est pour ma femme que j’ai accepté. Quand on a eu notre premier fils, j’avais plus de 45 ans. Cela allait encore. Mais les jumelles, ça a été lourd. Elles ont 10 ans, maintenant. J’avais 54 ans, quand elles sont nées. Je commençais à être fatigué. J’ai été papa à l’âge d’être grand-père. C’est ma femme qui a tout assumé. Elle me maternait moi, et elle maternait les enfants. Elle est parfaite, vraiment ! Elle a tout géré. Elle a voulu ces enfants, elle les a assumés. Bon, je joue mon rôle de père, évidemment et je m’en occupe quand même beaucoup.

Vous avez des problèmes de santé. Est-ce que cela influe sur votre couple ?

Il y a quelques mois, on m’a découvert un cancer de la prostate. Et c’est très difficile pour moi. Les traitements que j’ai suivis, ont provoqué une impuissance. Je ne vais pas vous faire un dessin. J’ai 64 ans. Ma femme en a 43. Et je ne peux plus la satisfaire. Je sais que c’est difficile pour elle, même si elle me répète que cela n’a pas d’importance, que le sexe est secondaire. Mais, pour moi, c’est un cauchemar quotidien. A tel point, que je n’ose même plus lui faire un petit câlin. Je sais comment ça va se terminer. Je sais la frustration que cela va générer...

Elle vous en parle ?

Elle ne se plaint jamais. Elle s’occupe de moi, elle est ma mère et mon infirmière. Mais, je vois bien aussi qu’elle a grossi. Qu’elle soigne moins son apparence. Je vois bien qu’elle est triste. Et moi, de mon côté, je me sens diminué. Je ne supporte pas de ne plus me sentir un homme.

En fait, actuellement, vos relations sont loin d'être paisibles...

C’est moi qui suis agressif avec elle, bien souvent. D’autant plus agressif qu’elle est d’une patience d’ange. Je sais qu’elle ne me trompe pas. Un jour j’en ai parlé avec elle et je lui ai dit que, si elle le désirait, elle pouvait avoir un amant. A condition que je ne le sache pas. Elle m’a envoyé promener ! Elle m’a fait la tête pendant plusieurs jours. Cela ne lui était jamais arrivé. Mais le côté sacrifice de sa vie, c’est difficile pour moi. En même temps, je ne supporterais pas bien qu’elle me trompe. On est dans une drôle de situation...

>> Lisez le décryptage du psy

L'avis du psychiatre

L'avis du docteur Youssef Mourtada :

On voit bien que dans le cas de Jacques, c’est lui qui subit. Comme s’il n’avait pas bien compris l’amour de sa femme pour lui. Comme s’il était un peu dépassé par tout ça.
Il est probable qu’elle projette son désir du père, sur son mari. Pratique, pour elle : elle devient la mère parfaite d’un père idéal sans risque de conflit avec sa mère à elle. L’amour est souvent un jeu de miroir narcissique. L’amour arrive à sa maturité quand, justement, on arrive à se défaire de ce jeu.

Cette histoire montre bien les difficultés que l’on peut rencontrer lorsque la différence d’âge est très importante. Il est malade, ne peut plus la satisfaire. Il ne se sent plus un homme... près d’elle.

Pour réagir, apporter votre témoignage... rendez-vous sur notre FORUM.

Dr Youssef Mourtada, psychiatre

Dr Youssef Mourtada, psychiatre


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