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Se reconstruire après une séparation : Les conseils du psychologue

Publié par : Elide Achille (20. septembre 2012)

Les conseils de Laurent Romefort, psychologue qui aborde différents sujets, dont les erreurs à éviter...

Est-ce qu'il y a une short-list d'erreurs à à éviter lors d'une séparation ?

En premier lieu, il semble important de réfléchir aux autres options qui peuvent se proposer : que peut-on faire plutôt que de se séparer ? La séparation est souvent perçue comme la solution la plus simple pour éliminer les contraintes et les conflits qui sont venus progressivement polluer l’idylle des premiers temps. Cela peut être aussi dû à la pression du couple sur un des membres. Soyez attentif également au rôle des familles et des amis. Ils peuvent par leurs liens affectifs, intervenir consciemment ou non dans le couple et dans la séparation. Il est important de prendre conscience que cette séparation est le fait de deux personnes. Eviter de considérer que l’autre est responsable ou que vous-même portez seul le poids de cette décision : on construit un couple à deux, on le déconstruit également à deux.

En cas de séparation, on doit s'accorder un temps pour réfléchir... comment faire ?
Quoi qu’il en soit, il est primordial de vraiment réfléchir seul, en couple, avec l’aide d’amis sur les options possibles afin de peut-être choisir la séparation de manière plus éclairée. L’erreur la plus commune serait de se séparer « petit-à-petit », comme si plusieurs petites étapes dans la séparation rendraient celle-ci plus acceptable ou plus facile. C’est une manière de repousser ou de refuser le deuil et la souffrance de cette rupture.

S'isoler est un réflexe qu'ont beaucoup de femmes, quelle attitude doit avoir l'entourage ?

Se couper du monde peut être une étape importante dans le deuil et dans la reconstruction, ces deux mouvements pouvant parfois se confondre. La personne s’isole dans la douleur, la déception, peut-être aussi la honte ou la culpabilité (la question de la justification de la culpabilité ne se pose pas : elle est simplement vécue). La personne doit aussi, dans un second temps, ré-apprendre à être bien, en paix avec elle-même ; retrouver ses besoins, ses désirs, sa vie intérieure. Si elle ne prend pas le temps de la solitude, elle risque de sauter d’une relation de couple à une autre, en reproduisant le schéma du couple qu’elle vient de déconstruire.

©DR, Laurent Romefort, psychologue.

©DR, Laurent Romefort, psychologue.

Suite de l'interview du psy

Laurent Romefort, psychologue, sur le rôle de proches en cas de séparation d'un couple...

Que peuvent faire les proches ?
Les proches doivent rester disponibles, à l’écoute et se mettre sur le rythme de la personne qui vient de se séparer. Il ne s’agit pas pour autant de se refermer avec l’autre sur sa souffrance, mais être simplement disponible en fonction de ses moyens et de ses ressources. Si la période de deuil est trop longue - plus d’un an après la rupture actée par le déménagement ou le divorce prononcé, il est possible que la personne s’enferme dans une posture un peu douce amer et mélancolique. Il peut être bon dans ces cas-là de la « secouer » un peu. L’idée est de redonner de l’énergie pour sortir de l’inertie. Cela doit être fait avec bienveillance et de manière préparée pour ne pas intervenir sur un coup de tête.

Comment ne pas impliquer les enfants quand une séparation est particulièrement douloureuse ?

Dans une séparation, comme dans beaucoup de situations subies sans en comprendre le pourquoi, les enfants cherchent à construire une explication qui les implique du type : « papa et maman se séparent parce que je ne suis pas gentil, parce qu’ils ne s’aiment plus à cause de moi...».

Il faut leur expliquer avec des mots accessibles en fonction de leur âge, que les parents parfois se séparent et que pour autant ils aiment toujours autant leurs enfants. Il faut différencier les relations d’amour entre les parents, et à l’encontre des enfants.

Un des parents (ou les deux) est tenté de dire du mal de l'autre...
Dans le cas où un des parents serait tenté de dire du mal de l’autre, que cela soit justifié ou non, au-delà de toute question morale, il doit avoir conscience que les choses pourront se retourner contre lui/elle plus tard, et en particulier à l’ adolescence. Il faut laisser l’enfant construire seul sa relation avec chacun de ses parents, s’il met en jeu dans le lien filial les conflits qui existent dans le lien parental, les choses vont être très vite confuses et compliquées. A mon sens, chaque parent a intérêt à court terme, à long terme et surtout dans l’intérêt de l’enfant, à maintenir dans une zone neutre et bienveillante la relation de l’enfant et de l’autre parent.

Faire un bilan

Suite de l'interview de Laurent Romefort (psychologue).

Pour finir, quels conseils donneriez-vous à une femme qui vit (mal) une séparation ?
Tout d’abord, prendre le temps de dire ou d’écrire à l’autre ce que vous avez vécu, ressenti, pensé tout au long de cette histoire de couple. Cela permet à chacun de prendre conscience des dimensions positives et négatives de votre histoire. Avant tout, cela vous permettra de faire un bilan plus juste qui ne soit pas uniquement chargé des éléments les plus sombres.

Pour quelle autre raison mettre ainsi tout à plat ?
Cette démarche permet enfin de prendre conscience de ce que l’on a ressenti en terme d’émotions dans cette période et de rendre à l’autre une image de ce que vous avez vécu. L’idée est de partager même dans la rupture une vision subjective de votre vie de couple jusque dans la séparation. C’est une démarche qui peut être difficile (vous n’êtes pas obligée d’envoyer la lettre si c’est trop dur) et longue, mais très positive pour vous.

Ensuite appuyez-vous sur vos ami(e)s pour relire votre histoire en prenant le temps de qualifier vos émotions et vos pensées. Vous pouvez aussi faire ce travail avec un psychologue.

Prenez le temps de vivre cette période en vous disant que c’est une phase compliquée, mais qui doit être traversée, dans ses phases de douleur et dans ses phases d’euphorie, dans ses moments de doutes et de larmes comme dans ses instants de solitude et de tristesse.


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