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Le régime en cas de diabète : les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (11. avril 2016)

Interview du Dr Boris Hansel*, diabétologue, spécialiste en nutrition et maladie cardiovasculaire. Il donne plein de conseils nutitionnels...

Le régime anti-diabète est-il très restrictif ?

Le temps où les conseils diététiques donnés aux personnes diabétiques excluaient toute une liste d’aliments est aujourd’hui révolu. D’ailleurs, on ne doit plus parler de « régime anti- diabète », car l’alimentation à mettre en place est globalement celle que chacun devrait adopter pour rester en bonne santé. C’est celle qui permet de se protéger des maladies cardio-vasculaires en général, et du surpoids, en particulier.

Ceci dit, il y a dans la nutrition d’un patient souffrant de diabète, une attention plus particulière à porter à l’index glycémique. Celui des aliments, et celui du repas dans sa globalité (à lire : comprendre l'index glycémique).

Quelle est la démarche ?

On n’est pas dans l’urgence. Il ne faut pas effectuer un changement radical de ses habitudes alimentaires qui ne sera pas tenable par la personne, et ne serait pas durable dans le temps. Il est important que la personne concernée comprenne que le changement alimentaire doit devenir une habitude de vie... À vie. Il en va de sa santé ! C’est pourquoi je préconise avant toute démarche purement alimentaire, de faire le point sur ses habitudes. Évaluer ce que l’on mange, comment on mange, si on mange au-delà de sa faim, si lon grignote, et quels sont les aliments dont on ne peut se passer... C’est un travail préparatoire indispensable.

Quelle est l'erreur à ne pas commettre ?

Beaucoup de gens se lancent dans des régimes sans même savoir où ils en sont dans leur rapport avec l’alimentation, ce qui fait qu’ils arrêtent au bout de 3 mois ! Comprendre pourquoi et comment on va mettre en place sa nouvelle alimentation est primordial.
Ce qui sous-entend aussi de prendre en compte les obligations professionnelles, sociales, familiales, et de ne pas appliquer « bêtement » un régime. Il est important de l'adapter à sa vie à soi. Cela demande d’être moteur et de faire preuve d’imagination.

Vous préconisez un changement progressif, concrètement comment cela se passe ?

Dans la majorité des cas, on vise d’abord à améliorer le comportement vis-à-vis de la nourriture pour que la personne trouve la « paix alimentaire ». C’est-à-dire qu’on va chercher à gérer les sensations de faim et de satiété, sereinement et sans frustration. Pas d’objectif en bloc, pas de conseil en bloc, avec une liste d’aliments bons et pas bons, mais un accompagnement en différentes étapes. Chacun passe le temps qu’il lui est nécessaire pour intégrer chaque étape, chaque changement, avant de passer à la suivante.

Prenons un exemple...

Prenons l’exemple des boissons. Tout le monde sait que la meilleure des boissons c’est l’eau. Mais pour celui ou celle qui adore les sodas ou qui est accro à l’apéro, il est nécessaire de prendre le temps de remplacer les sodas sucrés par du soda à zéro calorie, puis d’introduire l’eau pure, puis d’espacer les apéros, d’apprendre à apprécier une tisane plutôt qu’un chocolat chaud, etc.

Remplacer des mauvaises habitudes par d’autres plus qualitatives, demande du temps. C’est la même chose pour la gestion des apports en fibres, le remplacement d’aliments à fort index glycémique par des aliments à faible index glycémique pour diminuer la consommation de graisses saturées au profit de graisses insaturées.

Mieux vaut un changement qui prend 2 à 3 ans mais qui va être intégré petit à petit à sa nouvelle vie, plutôt qu’un changement brutal qui sera tenu pendant 3 mois.

Faut-il se faire aider ?

Tout dépend des freins psychologiques, de la capacité d’analyse, et des connaissances diététiques de chacun. Mais pour ceux qui en ressentent le besoin, il existe dans beaucoup d’hôpitaux, des ateliers pratiques coordonnés par des diététiciennes qui permettent d’initier et de progresser dans le changement alimentaire.

*Responsable à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière (Paris) d'une unité dédiée à la prise en charge des personnes à risque cardiovasculaire.
Aussi coauteur avec Fabienne Delestre, diététicienne, de " Le régime contre-attaque " (Hachette).

Voir aussi www.regimecontreattaque.org.

Dr Boris Hansel, diabétologue, spécialiste en nutrition et maladie cardiovasculaire

Dr Boris Hansel, diabétologue, spécialiste en nutrition et maladie cardiovasculaire : "Mieux vaut un changement qui prend 2 à 3 ans mais qui va être intégré petit à petit à sa nouvelle vie, plutôt qu’un changement brutal qui sera tenu pendant 3 mois."

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