publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Alzheimer : conseils aux proches : les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (28. septembre 2016)

Les malades d'Alzheimer ont-ils conscience de leur état ?

Durant quelques moments fugaces, ils s’aperçoivent de leur état ; ils sont alors dans le déni, qui est un bouclier contre l’angoisse. Par exemple, quand ils n’arrivent plus à s’occuper de leurs affaires, quand ils perdent leur argent, ils peuvent dire à leurs proches : « tu m’as volé ». C’est une façon de refuser d’admettre leur incapacité sans perdre la face.

Comment faut-il réagir quand on est injustement accusé de vol ou d'autres choses?

La « pire » réaction est souvent la plus banale et la plus fréquente : « tu sais bien que je ne t’ai pas volé !». En entendant cela, la personne atteinte d'Alzheimer peut mal réagir parce qu’on lui donne tort. Elle se trouve en situation d’échec et cela l’angoisse terriblement. La « meilleure » réaction est de lui dire : « Viens, je vais t’aider à le chercher » ou « Décidément, on perd tout mais on va bien le retrouver ». Ou simplement passer à autre chose. Jamais un malade ne dit des mots blessants pour faire du mal. C’est souvent un « trop plein » qu’il décharge sans volonté de nuire. La meilleure position de l’aidant est de comprendre ce que veut réellement dire le malade, ce qui se cache derrière les mots. Huit fois sur dix, on voit que la « crise » vient d’une réponse inadaptée.

Vous semblez dire que l'on peut être heureux en étant malade...

Oui si les besoins du malade sont satisfaits, s’il se sent accepté et aimé pour celui qu’il est devenu, s’il garde un rôle social - ne serait-ce que pour ranger la table par exemple - et s’il conserve une capacité de décider de sa vie comme d’aller et venir en sécurité. Les conventions sociales, les horaires, la politesse ne sont plus sa préoccupation, alors acceptons-les sans commentaires.

... et en vivant auprès de quelqu'un qui est atteint par la maladie.

Je ne nie pas que pour l’aidant familial, c’est une souffrance terrible et une disponibilité de tous les instants. Et on a le droit d’en avoir assez de ce rôle. Mais on peut aussi regarder cette nouvelle personne qui dit « Autrefois j’ai été... maintenant je suis » avec tendresse et compréhension et avoir des moments de grande complicité et de bonheur. Ces patients ont souvent une forte créativité. Certains accompagnants me disent : « J’ai découvert Maman comme jamais. Nous avons des échanges extraordinaires ». Mais attention rien n’est jamais gagné ! Même la tendresse ne fait pas de miracles sur la maladie : il faut juste savoir saisir les meilleurs moments.

*Le Dr Georges Patat est le concepteur du centre d'Alzheimer Parentèles.
I
l est aussi l'auteur de « J’ai été...je suis », un guide d'accompagnement des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés.

Vous avez envie d'échanger, de partager votre expérience ? Rendez-vous dans notre FORUM Alzheimer ! Ou posez vos questions à un professionnel dans notre FORUM Un expert vous répond !

A lire aussi :
> Tout savoir sur la maladie d'Alzheimer
> Recherche sur Alzheimer : les réponses du Pr E-E Balieu
> Renseignements et informations sur l'auxiliaire de vie



publicité