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Cancer : les vrais facteurs de risque : Génétique et facteurs de risque

Publié par : Elide Achille (10. avril 2013)

Suite de l'interview d'Agnès Buzyn, présidente de l'Institut National du Cancer (INCa), qui détaille les facteurs de risque familiaux et ceux liés aux gènes...

Violette : Mon grand-père est mort d'un cancer à 70 ans, ainsi que ma tante, la soeur de ma mère. Suis-je à risque d'en développer un moi-même ?

Agnès Buzyn : Le cancer est une maladie fréquente dont l’incidence augmente avec l’âge. Il est vrai qu’au delà de 70-80 ans, les risques augmentent. Le fait que quelqu’un de votre famille ait développé un cancer à un âge avancé, ne suffit pas en soi pour dire que vous avez des facteurs de risque particuliers. Ce sont surtout les cancers avant l’âge de 50 ans chez des parents de premier degré (père, mère, fratrie) qui doivent alerter. Au cas par cas, le médecin généraliste analysera les facteurs de risque familiaux des patients, et éventuellement envisagera l’avis d’un spécialiste, et le recours à une consultation d’oncogénétique.

Rédaction Onmeda : Il y a cependant des cancers liés à des gènes...

A. B. : Oui. Certaines personnes ont des prédispositions génétiques. Ces personnes ont plus de risques de développer un cancer à un âge précoce. En particulier, pour ce qui est du cancer du sein, des femmes très jeunes peuvent être touchées par la maladie. C’est pour cela que l’INCa a mis en place un programme spécifique d’orientation des femmes à risque vers des consultations d’oncogénétique, c'est-à-dire de génétique du cancer. Le but est de dépister les familles à risque, et de pouvoir leur offrir un suivi particulier qui est tout à fait différent du suivi de la population générale.

Françoise : Est-il vrai que l'on naît tous avec le gène du cancer à l'intérieur de nous ?

A. B. : Nos cellules se multiplient en permanence, leur renouvellement fait que dans le corps, il y a des milliards de cellules en division. Pendant ce processus, il peut y avoir des anomalies génétiques qui favorisent le développement d’un cancer. On n’a pas vraiment de « gène du cancer », mais chacun d’entre nous peut effectivement potentiellement en développer un.

Predisposition génétique au cancer et dépistage

Suite de l'interview d'Agnès Buzyn, présidente de l'Institut National du Cancer (INCa) sur la prédisposition génétique au cancer...

Violette : Comment savoir si on est concerné par un risque de cancer lié à une prédisposition génétique ?

Agnès Buzyn : Lorsque plusieurs personnes d’une même famille sont atteintes du même cancer, il peut s’agir d’un cancer héréditaire dû à une anomalie au niveau d’un gène qui se transmet d’une génération à une autre. Cette anomalie est appelée mutation génétique. Seule une petite partie des cancers du sein, 5 à 10 %, sont héréditaires, c’est-à-dire attribuable à une mutation génétique. Etre porteur d’une mutation génétique ne se traduit pas systématiquement par l’apparition d’un cancer, mais augmente le risque d’en développer un. C’est ce que l’on appelle une prédisposition génétique.

Violette : En pratique, quelle est la solution ?
A. B. : Le fait d’avoir plusieurs personnes d’une même famille atteintes du même cancer doit alerter à la fois les patients et les médecins généralistes qui doivent alors orienter impérativement ces femmes vers une consultation d’oncogénétique. L’INCa mène une action d’information pour que des femmes, peut-être concernées, puissent bénéficier des ces consultations d’oncogénétique.
Malheureusement, nous avons l’impression que les médecins, comme les familles ne sont pas suffisamment informés sur ce sujet. L’INCa fait tout un travail de pédagogie auprès du grand public et des professionnels de santé. Il existe en moyenne une consultation d’oncogénétique dans chaque région de France, généralement là où se situe un CHU ou un Centre de lutte contre le cancer.

Rédaction Onmeda : Ces actions de dépistage oncogénétique existent seulement pour le cancer du sein ?

A. B. : Cela existe aussi pour d’autres cancers que celui du sein : il y a des facteurs de risque génétique dans le cancer colorectal, par exemple.




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