publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Cancer : les vrais facteurs de risque : Des facteurs de risque encore trop sous-estimés

Publié par : Elide Achille (10. avril 2013)

Interview d'Agnès Buzyn, présidente de l'Institut National du Cancer (INCa), sur les rôles de l'alimentation, de l'activité physique...

Violette : Quel est le rôle de l'alimentation dans la prévention des cancers ?

Agnès Buzyn : La population voudrait des recettes magiques pour se protéger du cancer. Mais on ne peut pas mettre en avant un aliment qui protègerait du cancer. Il y a par contre des règles de vie qui aident à réduire les risques de cancers. Il faut par exemple manger équilibré et faire de l’activité physique pour éviter l’ obésité, parce que le surpoids est un facteur de risque avéré du cancer du sein, mais aussi d’autres cancers.

Rédaction Onmeda : Et quel est le rôle de l'activité physique ?

A. B. : Pour ce qui est du cancer du sein, il est prouvé que l’activité physique peut réduire le risque de récidive. Mais il n’est pas encore complètement établi qu’elle réduise le risque d’un premier cancer du sein. En tout cas, l’effet préventif du sport sur ce type de cancer est surtout lié à l’action contre le surpoids.
L’Organisation Mondiale de la Santé préconise de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique par jour, pour avoir un effet préventif sur les récidives du cancer du sein.

Flore : Quels sont les autres facteurs de risque reconnus ?

A. B. : Si la lutte contre l’obésité peut jouer un rôle dans la prévention des cancers, il est important de ne pas oublier des comportements à risque majeurs et très présents en France: le tabagisme, la consommation d’ alcool, et l’exposition aux rayons UV. Si l’on buvait moins d’alcool, si l’on arrêtait de fumer et si l’on s’exposait moins au rayonnement UV, on pourrait prévenir entre 20 et 30% de cancers en France, puisque ces facteurs de risque interviennent dans la survenue de nombreux cancers. Par exemple, le tabac est un facteur de risque de cancers impliqué dans 17 localisations différentes ( poumon, pharynx, vessie... et le sein).

© Agnès Buzyn, présidente INCa.

© Agnès Buzyn, présidente INCa.

Le tabagisme : un ennemi à combattre

Suite de l'interview d'Agnès Buzyn, présidente de l'Institut National du Cancer (INCa) qui détaille les conséquences du tabagisme chez les femmes...

Anne : On dit que de plus en plus de femmes souffrent d'un cancer du poumon...

Agnès Buzyn : Oui, malheureusement c’est le cas. Depuis quelques décennies, les femmes fument de plus en plus et commencent à fumer de plus en plus jeunes. Le tabac est devenu un symbole d’émancipation et de liberté. Mais la conséquence de ce choix social est lourde, on commence à en payer le prix maintenant. Le nombre de cancers du poumon chez la femme a été multiplié par 4, en 5 ans. Actuellement, les jeunes femmes fument et boivent davantage, ce qui risque d’avoir un impact important sur la santé des femmes dans 10 à 15 ans.

Rédaction Onmeda: La lutte contre le tabagisme est pour vous une priorité...
A. B. : Quand je suis arrivée à la Présidence de l’INCa, ma priorité a été tout de suite de m’attaquer au tabagisme des jeunes, surtout chez des jeunes femmes. Mais cette problématique implique une action plus large que la seule intervention de l’INCa, parce qu’elle met en jeu des dynamiques très vastes qui nécessitent le recours à des politiques publiques globales et la prise en compte de lobbies puissants. Si simplement on appliquait la loi qui interdit la vente du tabac aux moins de 18 ans, ce serait déjà un grand progrès dans la lutte contre le tabagisme des jeunes.

Anne : Quelles seront les conséquences de ce tabagisme massif chez les femmes ?

A. B. : Les projections du nombre de cas de cancers démontrent qu'en 2014, il y aura une forte hausse de cas de cancer du poumon chez les femmes. Dans quelques années les femmes mourront davantage de cancers du poumon que de cancers du sein. Le cancer du poumon est en effet un cancer pour lequel on est encore très démuni d’un point de vue thérapeutique, et pour lequel le dépistage n’a pas prouvé son efficacité.

Marie : Un cancer peut-il survenir après un stress important ?

A. B. : Le stress de la vie quotidienne et les chocs émotifs ont été évoqués comme des facteurs de risque du cancer possibles, mais cela n’a jamais pu être prouvé. Il y a des personnes qui vivent de grands chocs dans leur vie et qui ne développent pas de cancer et, au contraire, d’autres qui ont une vie très calme, seront touchés par la maladie.

A voir aussi, cette interview du Pr Agnès Buzyn, dans laquelle elle explique pourquoi le tabagisme reste la première cause de mortalité par cancer en France...


publicité