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Appareil auditif : comment choisir le bon ? : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Clémentine Fitaire (10. février 2010)

Les conseils du professeur Bruno Frachet, chef du service ORL de l'hôpital Avicenne de Bobigny et président de l'association France Presbyacousie.

Quel premier conseil avez-vous à donner ?

Ne pas attendre pour se faire appareiller ! On n’attend pas de perdre ses dents pour aller chez le dentiste. On n’attend pas de ne plus rien voir pour aller consulter l’ophtalmologiste. De même, il ne faut pas attendre pour aller consulter l’ORL quand on sent qu’il y a une baisse d’audition. C’est-à-dire quand l’entourage, parce que c’est comme ça qu’on le sait, fait trop de remarques.
Plus le cerveau est jeune, mieux il s’adapte à une amplification sonore. Si on attend trop longtemps, l’adaptation est plus difficile et on a l’impression que ça ne marche pas, ou que la gêne liée à l’appareillage est trop importante. Vous savez, l’audition n’est pas un luxe. On en a besoin tout le temps, dans la vie de tous les jours, car l’on communique au moins 20% de notre temps.

Pourquoi ces appareils auditifs ont-ils si mauvaise réputation ? On dit toujours que ça ne marche pas...

Peut-être pour la raison que je viens de donner. On attend trop longtemps pour se faire appareiller et, du coup, on a plus de mal à s’y adapter. Peut-être aussi parce que l’on ne fait pas faire suffisamment de réglages. Mais ces appareils fonctionnent bien. Ils sont de plus en plus performants, de plus en plus discrets et ils améliorent réellement l’audition. La technologie progresse assez vite.
Leur mauvaise réputation vient de leurs débuts. On se souvient des appareils qui se mettaient à siffler, cela n’existe plus. Ou qui étaient extrêmement visibles. Il existe maintenant des appareillages quasiment invisibles. Dans tous les cas, il faut essayer soi-même pour se faire une idée. Et surtout, ne pas hésiter à aller rencontrer un ORL ou un audioprothésiste qui vous fera tester tout le matériel existant.

Ces appareils sont très chers. Combien de temps durent-ils ?

Je crois que c’est ça le principal problème. Les appareils auditifs fonctionnent bien et sont discrets. Mais ils sont chers et ont une durée de vie relativement courte. C’est sûr que mettre 4 000 euros dans des prothèses, tout le monde ne peut pas se le permettre. Et c’est mal remboursé, même par les mutuelles.
Par ailleurs, il faut changer les prothèses tous les quatre ou cinq ans, si on les porte en permanence. Je pense que c’est ça la première raison pour laquelle les gens ne se font pas appareiller. Cela ne tient pas à la qualité des appareils, mais à leur coût.
En France, on compte au moins 4 millions de personnes qui devraient être appareillées. En réalité, il n’y en a que la moitié qui l’est.

Est-ce qu'il existe une prévention ?

Oui, bien sûr. Et des lois sont passées sur ce point. On sait que chacun a sa propre fragilité au bruit. Tout le monde ne réagit pas de la même manière. Il existe maintenant la « loi baladeurs » qui limite la puissance sonore des baladeurs ou Mp3. La « loi boîte de nuit », pour la même chose.
Mais ce que l’on ne dit pas suffisamment, c’est que la durée d’exposition au bruit compte autant que l’intensité sonore. Un enfant qui porte ses oreillettes de baladeur toute la journée, même si l’intensité n’est pas maximale, aura des problèmes. Il est très important d’expliquer aux jeunes ou aux moins jeunes qu’il faut se ménager des temps de repos sonore. Des pauses. L’audition, c’est important. Encore une fois, ce n’est pas un luxe.



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