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Les vrais dangers des perturbateurs endocriniens : les conseils du gynécologue

Publié par : Elide Achille

Interview du Pr Michael Grynberg, gynécologue obstétricien, il apporte quelques conseils...

Quels sont les effets des perturbateurs endocriniens sur notre système reproductif ?
Pr Michael Grynberg : Il est difficile de connaître avec exactitude les effets nocifs des perturbateurs endocriniens sur le système hormonal et reproductif. Et cela encore plus chez la femme que chez l’homme. Nous savons qu'ils peuvent perturber la production des différentes hormones naturelles, notamment celles nécessaires au bon fonctionnement du métabolisme, de la croissance et de la reproduction.

Ainsi, les perturbateurs endocriniens sont notamment incriminés dans la survenue d’altérations des fonctions de reproduction masculines et féminines, de malformations de l’appareil reproducteur, de troubles de la maturation sexuelle. Chez l’homme, on constate une baisse significative de la concentration spermatique depuis 30 ans, une augmentation de l’incidence des cryoptorchidies (anomalies de la descente testiculaire), des hypospadias (anomalies de l’urètre), et des tumeurs testiculaires.

Cependant, en l’état actuel de nos connaissances dans ce domaine, il est assez difficile d’incriminer exclusivement les perturbateurs endocriniens chez un couple qui vient consulter pour infertilité. En effet, plusieurs facteurs entrent en jeu et la part des perturbateurs est difficilement mesurable.

Les effets des perturbateurs endocriniens sur les cellules de la reproduction, sont-ils réversibles ?

Pr Michael Grynberg : Chez la femme, il est difficile de constater aisément des modifications des paramètres reproductifs avec des modifications d’exposition aux perturbateurs endocriniens. En effet, la femme naît avec un stock d’ovules évalué indirectement par des marqueurs hormonaux et échographiques. Les variations quantitatives de ce stock sont difficiles à mettre en évidence en particulier à court terme.

En revanche, chez l’homme, qui produit des nouveaux spermatozoïdes environ tous les 3 mois, il est possible de constater des variations des paramètres spermatiques avec la modification d’exposition à des facteurs gamétotoxiques. Ainsi, il sera systématiquement conseillé, à un couple désireux d’avoir un enfant et dont l’un ou les 2 membres se sait (savent) exposé(s) à des perturbateurs endocriniens (pesticides, produits d’entretien industriels), de limiter au maximum cette exposition.

Quels sont les impacts sur le foetus ?

Pr Michael Grynberg : L’exposition excessive à des perturbateurs endocriniens peut avoir de réels impacts sur le développement du tractus génital foetal. On observe ainsi des anomalies de la descente testiculaire ( cryptorchidie), de la formation de l’urètre (hypospadias). Enfin, il est décrit des inversions du sex-ratio, avec naissance d’un plus grand nombre de filles que de garçons dans les populations exposées à certaines substances.

© Pr Michael Grynberg

© Pr Michael Grynberg



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