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Le « droit à l’oubli », un pas vers l’égalité

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (15. avril 2015)

Les anciens malades de cancer considérés comme guéris, n’auront plus à déclarer leur maladie pour contracter un prêt ou souscrire une assurance. Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer, explique pourquoi le "droit à l'oubli", une des mesures phares du troisième plan cancer (2014-2019), est une grande victoire. Un changement qui va adoucir un peu la vie de ceux ont souffert de cette pathologie.

Avril 2015
Ecrit par Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer.

Après 10 ans de lutte acharnée pour une continuité de vie pendant et après la maladie, après de nombreuses négociations entre les pouvoirs publics, les assureurs et les associations, les personnes ayant été atteintes d’un cancer peuvent aujourd’hui se réjouir d’une victoire. Une bataille a été gagnée, celle de l’instauration du « droit à l’oubli » pour les personnes guéries de leur cancer.

Parce que la maladie affecte la santé mais aussi la vie familiale, sociale, économique et professionnelle, la Ligue se bat, avec détermination, pour favoriser la question de l’accès aux prêts et aux assurances de personnes ayant eu un cancer et le financement de leurs projets de vie. Depuis 10 ans, la Ligue témoigne régulièrement des situations d’injustice et d’iniquité pour ces personnes, pourtant déclarées guéries par le corps médical.

Si en 2015, près de 60 % des personnes atteintes d’un cancer sont considérées comme guéries, elles sont toujours étiquetées comme « malades » par bon nombre d’employeurs, d’assureurs, de banquiers… Cette discrimination ne pouvait pas se perpétuer en France, le pays considéré comme la terre des libertés.

C’est, donc, avec fierté, avec reconnaissance envers le travail réalisé par les Ligueurs, que je salue le protocole d’accord sur le « droit à l’oubli » pour les personnes atteintes de cancer signé le 24 mars au siège de la Ligue contre le cancer en présence du président de la République, François Hollande, entre le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine et les parties prenantes dont la Ligue contre le cancer.

Enfin ! Les personnes ayant eu un cancer pourront effacer ce « casier judiciaire cancer » redouté presqu’autant que la maladie elle-même. Aujourd’hui, les enfants ayant eu un cancer avant l’âge de 15 ans n’auront plus à subir ce tribu dans leur vie d’adulte. Et si le cancer survient à l’âge adulte, les personnes n’auront plus à déclarer leur maladie 15 ans après la fin des traitements. Grâce à cet accord, les personnes ont dorénavant le courage de mener à terme des projets de vie pour elles et pour leurs familles, enfouis jusqu’à aujourd’hui dans leurs utopies. N’ayons pas peur de l’exprimer, ce protocole d’accord est un pas vers l’égalité, un pas vers la fin de la double peine.

Une mobilisation nécessaire de tous les acteurs !

Néanmoins, dans le cadre des négociations de la nouvelle convention Aeras 3, la Ligue contre le cancer, ses 650 000 adhérents et toutes les personnes malades et leurs familles demandent aux pouvoirs publics que :
- l’application des dispositions de ce protocole soit rétroactive ;
- la prise en compte effective quel que soit le type de cancers ;
- la mobilisation des acteurs assuranciels ou bancaires soit rendue publique par une communication claire et simple pour accompagner au mieux les malades et anciens malades.

Le chemin à parcourir pour que TOUTES les personnes ayant eu un cancer aient accès au « droit à l’oubli » n’est pas complètement achevé. La Ligue contre le cancer continuera à se battre auprès des pouvoirs publics et des assureurs pour que ce droit soit un droit accessible à tous.

Et parce que les projets de vie ne s’arrêtent pas uniquement à l’achat d’un bien immobilier, le « droit à l’oubli » doit être élargi. Une personne guérie d’un cancer devra pouvoir demain reprendre et continuer ses études, retrouver son emploi ou un poste adapté à ses capacités, sans aucune discrimination. Une personne guérie d’un cancer devra pouvoir demain affronter sa vie sans avoir à faire référence à son cancer à qui que ce soit, hors des professionnels médicaux. Bien entendu, la Ligue demande que ce « droit à l’oubli » s’applique à d’autres pathologies chroniques que le cancer.

Si ce « droit à l’oubli » est aujourd’hui prévu dans le cadre législatif, notre société a aussi un devoir, « le devoir d’oublier ». Employeurs, assureurs, banquiers… merci d’oublier.

Plus d'informations sur le site de la Ligue contre le cancer :
http://www.ligue-cancer.net/



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