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Plus d'écologie, c'est mieux pour notre santé ! : Ce qui va changer en 2009

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (22. octobre 2008)

Onmeda : On a l'impression aujourd'hui que les esprits sont plus ouverts aux questions environnementales et que des actions sont désormais possibles. Est-ce que d'autres dispositions du Grenelle vont permettre d'aller encore plus loin ?

Nathalie Kosciusko-Morizet : C'est vrai que le Grenelle de l'environnement a beaucoup fait changer les choses. Mais il y a aussi, je pense, une certaine vanité de notre part à penser que c'est le Grenelle qui a fait changer les mentalités. Il a eu lieu à un moment où le public était prêt. Aujourd'hui les gens sont informés, on a dépassé le stade de la prise de conscience. On est dans un désir d'action, dans une optique de "qu'est-ce qu'on peut faire ?"

Maintenant, l'essentiel, dans le cadre du Grenelle de l'environnement, en matière de santé, il est à venir. Autour de ce qu'on appelle le Plan National Santé et Environnement, on travaille à l'amélioration de la qualité de vie des Français, au quotidien. Le Plan mis en place depuis 2004 nécessitait des révisions pour être plus performant. Là, l'objectif est de poursuivre et approfondir ce qui a été fait, mais surtout de cibler de nouvelles problématiques qui, soit n'avaient pas été prises en compte à l'époque, soit qui ont émergé depuis. On travaille donc sur des mesures concernant le problème des particules, la qualité de l'air intérieur, ainsi qu'à des mesures concernant les téléphones portables à destination des jeunes.

 

Un plan particules efficace

Nathalie Kosciusko-Morizet : Le Plan National Santé et Environnement nouvelle version va comporter toute une série de dispositions relatives à la limitation des particules. C'est un vrai problème et c'est un domaine dans lequel, malheureusement, les chiffres restent stables.

Au regard de la pollution de l'air, nous avons réussi à réduire les émissions de nombreux polluants, mais le niveau des particules, notamment des particules fines, reste plus ou moins le même. Il y aura donc un "Plan particules" important.

Mais le sujet est vaste. Les particules, cela concerne aussi le problème des nanoparticules. C'est-à-dire tout ce qui implique les nanotechnologies, le développement des nanotechnologies, etc. Il y a des doutes quant à leur innocuité.

 

Les nanoparticules, c'est quoi ?

Les explications d'Onmeda : Comme leur nom l'indique, les nanoparticules sont des particules de taille extrêmement réduite (1 nanomètre = 1 milliardième de mètre, soit 0,000000001 mètre).

Utilisées par l'industrie cosmétique par exemple, les nanoparticules présentent l'avantage de pouvoir traverser la barrière cutanée, et donc de pouvoir faire pénétrer certaines molécules actives plus profondément dans le derme.

Cette spécificité est aujourd'hui remise en cause, car si certaines substances ont des actions positives, elles peuvent se révéler nocives lorsqu'elles interagissent avec nos cellules.

  

Un air plus propre

Nathalie Kosciusko-Morizet : La qualité de l'air intérieur est un autre point important du nouveau Plan National Santé et Environnement. C'est un sujet sur lequel je suis très active, car nous passons 90 % de notre temps à l'intérieur et la qualité de l'air est primordiale.

Cela concerne tous les espaces clos, c'est-à-dire la maison bien sûr, mais aussi le bureau, les transports en commun, les voitures... Nous travaillons sur de nouvelles normes d'aération, mais aussi sur des choses diverses comme l'interdiction de certaines substances toxiques dans le mobilier ou la décoration, par exemple.

Dans un avenir proche, des kits de mesure de la qualité de l'air seront disponibles. Ils seront assortis de guides avec des conseils destinés aux particuliers. Il en existe déjà pour les espaces d'accueil des enfants. L'objectif, c'est que cette mesure soit étendue et qu'il y ait une gamme de kits pour chaque type d'intérieur.

Nous avons également mis en place des partenariats avec Airparif, la SNCF et la RATP pour des actions au niveau des transports en commun. La qualité de l'air, dans le métro et le RER par exemple, y est mauvaise à cause notamment des systèmes de freinage qui génèrent beaucoup de petites particules. Il y a donc, vous le voyez, beaucoup à faire !

 

Votre intérieur en chiffres

Les explications d'Onmeda: On croit souvent que l'air que nous respirons dehors est plus nocif que celui de notre maison... C'est une erreur ! Une étude de l'EPA (Agence américaine de protection de l'environnement) a montré que le niveau de pollution peut être de 2 à 5 fois plus élevé à l'intérieur qu'à l'extérieur (jusqu'à 100 fois plus pour certaines susbstances).

Les causes sont nombreuses, mais une mauvaise aération de l'espace habitable favorise la stagnation dans l'air des polluants volatils issus des moquettes, peintures, meubles, objets de décoration... Les solvants, colles et autres vernis qu'ils peuvent contenir, en s'évaporant, agressent notre organisme. Un exemple : la concentration en benzène (un gaz cancérigène) peut être plus élevée* dans nos logements que dans la rue.

Une des conséquences directes de cette pollution intérieure est une augmentation des maladies respiratoires ( allergies, asthme, bronchopneumopathie chronique...). L'OMS (Organisation mondiale de la santé) estime que 25 % de ces affections respiratoires pourraient être évitées si nous vivions dans des intérieurs plus sains, c'est-à-dire pour commencer, mieux ventilés...

*Source : Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement).

 

Les jeunes et le portable

Nathalie Kosciusko-Morizet : Pour prendre un dernier exemple de mesure santé issue du Grenelle de l'environnement, je parlerais des téléphones portables, notamment en direction des enfants.

On devrait aller dans le sens d'une interdiction de la publicité pour des portables utilisés par des moins de 12 ans, et vers une interdiction de la commercialisation des mobiles destinés spécifiquement aux moins de 6 ans.

On entend beaucoup de choses concernant l'impact du téléphone portable sur la santé. Des études commencent à soulever de vrais doutes, c'est pourquoi certaines recommandations ont vu le jour, comme les kits main libre. Le problème c'est que les jeunes ne mettent pas l' oreillette, ils trouvent que ça fait "plouc". Il faut donc mettre une limite, même si on doit en passer par une interdiction.

 

Le portable, quels risques ?

Les explications d'Onmeda: Les résultats des études menées jusqu'à présent quant aux effets du portable sur notre santé sont contradictoires. S'il ne semble pas y avoir, à l'heure actuelle, de relation entre l'utilisation des mobiles et le développement de certains types de cancers, des indices montrent toutefois qu'ils ne sont pas sans aucun effet.

> Le portable provoquerait un échauffement des tissus directement en relation avec l'appareil, c'est-à-dire l'oreille (en effet au bout de 20 minutes - voire moins, il n'est pas rare de constater que notre oreille est chaude). Cette augmentation de température (1°C environ) se répercuterait également dans le cortex cérébral.

> Les ondes dégagées par les portables, ensuite absorbées par notre organisme, seraient également responsables de certains dommages encore mal identifiés. C'est lorsque la réception est mauvaise, ou lorsque le mobile est utilisé dans un espace clos et confiné, nécessitant alors une plus forte puissance d'émission, que ces ondes seraient les plus nocives.


Nathalie Kosciusko-Morizet

Nathalie Kosciusko-Morizet © ST

Sources : Afsset, www.afsse.fr , www.senat.fr.

 

A lire ausi nos dossiers :
> Environnement : les femmes s'engagent !
> Petit guide des plantes dépolluantes



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