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Don d'organes : vous avez décidé quoi ? : Un témoignage contre le don d'organe

Publié par : Clémentine Fitaire (17. août 2011)

Témoignage de Pierre, 56 ans.

Pourquoi êtes-vous contre le don de vos organes ou de ceux de vos proches ?
L'idée me révulse. J'ai été, malheureusement confronté à ce problème, il y a quelques années. Mon fils est mort brutalement dans un accident de moto, il avait 19 ans. Cela a été un choc épouvantable pour ma femme et pour moi. C'était en 1992. Je vous laisse imaginer : un coup de téléphone, et toute une vie qui s'écroule. Les explications des médecins : mort cérébrale ! Mais il respirait encore, et il était sous machine. Son coeur battait... et on me disait qu'il était mort. Déjà, il faut pouvoir comprendre ça. Cela prend du temps. Et directement, les médecins ont commencé à me parler de prélèvement d'organes.

L'attitude et le discours des médecins vous ont choqué...
Oui, franchement, ça m'a choqué ! Mon fils respirait encore sous machine, et on me parlait déjà de le couper en rondelles pour prendre ses organes. Heureusement, les médecins n'en ont pas parlé à ma femme. Je leur ai interdit. L'idée qu'on puisse toucher au corps de mon fils, ça m'a été insupportable. J'avais l'impression que les médecins manquaient de respect. De respect pour lui, qu'ils regardaient comme un sac d'organes. De respect pour moi et mon chagrin. Alors, peut-être que je ne suis pas tombé sur une équipe de médecins très psychologues. Peut-être que mon chagrin était trop violent. Jamais je n'oublierai cette discussion avec eux. Comme si on voulait le tuer deux fois...

Vous saviez, pourtant, que sa mort allait pouvoir sauver d'autres vies ?
Non. Je ne comprenais rien de tout cela sur le moment. Je ne voyais que mon fils. Je ne voulais pas qu'on y touche. Je voulais qu'on me le rende. Et, franchement, sur le coup, les autres vies que je pouvais sauver, je m'en fichais. Je vous le dis franchement. Que d'autres vivent, alors que mon fils était mort, c'était bien le cadet de mes soucis. J'aurais voulu que tous meurent et que lui, revienne à la vie. Oh ! Je sais, ce que je dis n'est pas correct. Mais, c'est comme ça. C'est la réaction d'un père effondré et foudroyé par la mort de son fils. On n'avait jamais pensé à une chose pareille, avant... Jamais, on n'avait envisagé la mort de l'un de nos enfants. Alors les histoires de prélèvements d'organes, vous pensez que c'était loin de nos préoccupations !

Et, aujourd'hui, feriez-vous la même chose ?
Franchement ? Je pense que oui. Alors, c'est vrai que depuis toutes ces années, nous avons repensé à ça. Quand le chagrin a été moins violent. Moins insupportable. Nous avons repensé, ma femme et moi, au choix que nous avions. Nous en avons même parlé, un jour, avec notre fille. Elle aurait aimé que j'accepte que son frère soit prélevé. Elle aurait aimé que la mort de son frère soit utile. Je comprends ce point de vue. Maintenant, j'accepte de comprendre ce point de vue. Mais j'ai été, personnellement, tellement choqué par les conditions de la mort de mon fils, que je ne parviens pas à changer d'avis.

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