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Métiers de la santé : Le milieu médical est-il macho ?

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (27. mai 2014)

Interview du Dr Irène Kahn-Bensaude, Présidente du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris, et Vice-Présidente du Conseil national de l'Ordre des médecins.

La profession médicale se féminise de plus en plus, c'est forcément un bien...
Je répondrai que cela est avant tout normal ! Dans beaucoup de pays industrialisés, on observe en effet une importante féminisation du monde médical, surtout pour la nouvelle génération. Avec aujourd’hui souvent 60 à 70% d’étudiants de sexe féminin. C’est le cas en France, où pour l’ensemble des médecins, les femmes ne sont toutefois pas encore majoritaires. Il y a quelques années, j’avais rédigé un rapport pour l’Ordre National des médecins, intitulé : la féminisation : une chance à saisir. D’après notre rapport, nous nous étions intéressés à la motivation des étudiants à entreprendre des études médicales, il apparaissait que les filles de 2ème année étaient surtout motivées par le goût des relations humaines, alors que pour les garçons, c’est la rémunération et la qualité de vie qui primaient*...

On entend souvent cet argument à l'encontre de la féminisation de la profession médicale que les femmes s'investissent moins dans leur travail...
Oui, on entend plein de choses sur cette féminisation. On entend souvent : quand un métier se féminise, le métier est foutu ! De façon plus sérieuse, c’est un fait que les femmes médecins travaillent en moyenne 4 heures de moins par semaine que les hommes (en libéral). Mais en restant parfaitement efficaces et investies dans leur travail ! De manière générale, les jeunes médecins (les deux sexes confondus) travaillent moins que leurs aînés, et s’aménagent plus de moments de liberté professionnelle. Mais on en revient toujours aux mêmes questions : celles qui concernent le temps consacré aux tâches ménagères, à l’éducation des enfants... Si beaucoup de femmes se libèrent le mercredi après-midi pour s’occuper de leurs enfants, du côté masculin, des hommes libèrent leur temps pour des objectifs souvent différents... comme faire du golf le mercredi après-midi.

Les femmes médecins sont-elles suffisamment présentes à des postes de responsabilité ?
Non, là encore, la situation devrait être améliorée. A l’hôpital, par exemple, on compte encore très peu de chefs de service femmes, elles représentent aujourd’hui moins de 10% des chefs de service hospitaliers.

Vous êtes la seule femme au bureau du Conseil national des médecins qui compte 22 membres. Ce n'est pas trop difficile ?
Si, bien sûr, ce n’est pas facile tous les jours ! Mais je tiens le coup, car je dois avouer que je peux avoir mauvais caractère... et je sais donc me faire entendre quand il le faut ! Et c’est une question d’habitude puisque cela fait 14 ans que je siège parmi les instances de l’Ordre. Mais il est certain que nous devrions avoir plus de femmes dans nos instances ordinales.

Diriez-vous que le milieu médical est plutôt macho ?
Oui, certainement. Mais je pense que la nouvelle génération appréhende les choses différemment, et les jeunes médecins masculins le sont moins... Et tout cas, je l’espère !

*A lire : " La féminisation : une chance à saisir ", rapport de 2005 du Dr Irène Kahn-Bensaude.

Dr Irène Kahn-Bensaude, Présidente du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris, et Vice-Présidente du Conseil national de l'Ordre des médecins.

Dr Irène Kahn-Bensaude, Présidente du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris, et Vice-Présidente du Conseil national de l'Ordre des médecins.



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