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Greffe de mains : deux femmes dans l'attente... : Améliorer l'organisation des dons d'organes

Publié par : Elide Achille

Suite de l'interview du Pr Laurent Lantieri, chef du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique à l'hôpital européen Georges Pompidou (Paris).

Pourquoi ces greffes n'ont pu être encore effectuées ?

Pr L. Lantieri : En France, chaque année, 3 000 personnes se trouvent en état de mort cérébrale (avec encore une activité cardiaque). C’est-à-dire « candidates » potentielles à des dons d’organes. Pour de multiples raisons, des prélèvements d’organes ou de tissus ne peuvent être effectués que chez environ la moitié de ces personnes. Au final, parmi les 1 400 donneurs prélevés par an, la moitié sont des femmes, et 40% ont un groupe sanguin compatible. Ce qui fait 300 donneuses potentielles par an.

Le prélèvement de mains poserait-il un problème particulier...

Pr L. L. : En effet. La loi dit que le prélèvement est interdit chez les personnes ayant manifesté leur refus de dons d’organes de leur vivant (il existe d’ailleurs un registre national des refus sur lequel chacun peut s’inscrire le cas échéant).

Bien souvent, en cas de mort cérébrale d’une personne, le prélèvement d’organes est discuté avec la famille et le médecin réanimateur, pour savoir si le défunt avait émis une opinion, manifesté un refus...

Le réanimateur ou l’équipe de coordination de prélèvements indiquent à la famille, les organes qui seront prélevés. Si les prélèvements du cœur, des reins, du foie... sont assez couramment admis, les choses sont plus compliquées concernant la cornée des yeux, ou encore les mains. Il est difficile d’aborder le sujet des dons de mains avec la famille qui est dans la douleur extrême. C’est dommage, car aujourd’hui, deux femmes que nous sommes prêtes à greffer, attendent toujours... par manque de mains à greffer.

Comment faire pour éviter ce problème, répondre à l'attente de ces femmes, et pouvoir réaliser ces interventions ?

Pr L. L. : Il nous faut des mains à greffer. Or nous ne recevons aucune proposition des équipes de coordination de prélèvements. Il faudrait que le grand public, comme les médecins réanimateurs, soient sensibilisés sur ce sujet de greffes de mains, pour que l’on puisse - en cas de nécessité - en parler comme on le fait pour d’autres organes.

A l'avenir, que faudrait-il changer dans l'organisation des dons d'organes en France ?

Pr L. L. : A mon sens, la loi mise en place pour favoriser les dons d’organes, reste encore bien « théorique », sans mise en œuvre pratique. Aussi, je propose des applications concrètes de cette loi, comme l’indication sur la Carte Vitale du refus du don d’organe. Si ce refus n’est pas stipulé, cela signifie - d’après la loi, que la personne est favorable à donner ses organes.

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