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Euthanasie : faut-il une loi ? : différence entre euthanasie et suicide assisté

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

Suite de l'interview de Marie de Hennezel sur l'euthanasie et son éventuelle législation.

Quelle est la différence entre euthanasie et suicide assisté ?
Marie de Hennezel : L’euthanasie c’est l’acte de donner délibérément la mort et le suicide assisté c’est une pratique qui consiste pour un médecin à fournir à un malade une substance mortelle que ce dernier va prendre lui-même pour mettre fin à sa vie. Seuls deux pays autorisent le suicide assisté, la Suisse, et l’état de l’Orégon, aux USA.

Vous soulevez la complexité d'une société qui permettrait à ses personnes souffrantes de se donner la mort, mais qui sauverait ceux qui veulent se suicider...
M. de H. : Oui, il faut s’interroger sur cette complexité. Comment peut-on à la fois tout faire pour sauver ceux qui attentent à leurs jours, et organiser d’un autre côté le suicide de ceux qui sont lassés de vivre ou bien qui ont le sentiment d’être un poids pour leurs enfants et de ne plus servir à rien ?
Aujourd’hui, notre société est fondée sur les Droits de l’Homme et sur l’interdit de tuer. Quand quelqu’un est désespéré et ne veut plus vivre, le devoir des citoyens que nous sommes est d’exprimer notre solidarité en aidant cette personne à retrouver un sens à sa vie et confiance en elle pour surmonter les épreuves. Demain, si on légifère sur le suicide assisté, ne fera-t-on pas passer un message contraire et mortifère ? « Si vous vous sentez inutiles, si vous êtes las de vivre, si vous n’avez pas suffisamment confiance en vous pour affronter les épreuves de votre vie, mettez fin à vos jours, et nous vous aiderons à le faire ! »

Il existe pourtant des personnes âgées qui ne souhaitent plus continuer, se considérant "prètes" à accepter la fin, presque libérées...
M. de H. : En effet, je pense que des personnes âgées peuvent sentir qu’elles sont arrivées au terme de leur vie, et souhaiter aller au devant de leur mort. C’est une position stoïcienne qu’il faut respecter. Souvent elles arrêtent de s’alimenter, se couchent et attendent la mort. C’est un choix qu’il faut respecter, ce glissement dans la mort, qu’il faut accompagner et surtout ne pas forcer ces personnes à s’alimenter. Dans mon livre « Nous voulons tous mourir dans la dignité », j’ai raconté l’histoire d’une vieille femme qui est morte ainsi et qui n’a pas souffert du tout dans cette anorexie finale. Ce « laisser mourir » serein et lucide est justifié chez une personne qui a le sentiment d’avoir fait sa vie. Nous devons le respecter. Et ce n’est pas contradictoire avec le fait de sauver des gens qui se suicident par désespoir.

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