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Euthanasie : faut-il une loi ? : Interview de Marie de Hennezel

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

L'interview de Marie de Hennezel sur l'euthanasie et une éventuelle lesgislation...

Depuis la mise en place de la loi concernant la fin de vie (loi Léonetti), de nombreux débats ont eu lieu sur ce sujet. Certains regrettent que cette loi n’aille pas assez loin, estimant qu’il est temps de légiférer sur l’euthanasie. Tandis que d’autres estiment que l’actuelle loi est bien suffisante... Pour avancer dans ce débat, le Président de la République, François Hollande, a demandé différents avis et différents rapports, comme à l’ancien président du Comité national d’éthique, Didier Sicard. Ou plus récemment à un groupe représentatif de citoyens.

Vous dites que la loi Léonetti n'est pas appliquée de manière satisfaisante, que préconisez-vous pour qu'elle le soit ?
Marie de Hennezel : Depuis sept ans, je réclame, mais en vain, de mettre en place une vraie politique d’application de la loi, car je pense qu’elle offre un cadre très large à l’intérieur duquel tout médecin engagé dans l’accompagnement de son patient peut faire ce qu’il faut pour que sa fin soit digne.

Mais que dit cette loi ?
M. de H. : Elle maintient l’interdit de tuer délibérément (euthanasie), elle oblige les médecins à soulager les souffrances physiques et morales, au risque d’écourter la vie, et dans ce cas le patient et sa famille doivent être informés de ce risque. Elle interdit l’acharnement thérapeutique et permet à une personne de demander qu’on arrête tout traitement qui la maintient en vie. Le problème est que les médecins n’ont pas compris l’esprit de la loi qui est de ne pas abandonner le patient.

Le recours à la sédation terminale est-elle possible actuellement ?
M. de H. : La sédation terminale (endormir pour toujours le patient) est possible dans le cadre de la loi, mais les médecins n’osent pas la pratiquer. S’il y a une amélioration que l’on pourrait apporter à la loi Léonetti, c’est bien de rendre plus explicite ce recours à la sédation. Cela ne nécessite pas une nouvelle loi, mais une modification du code de déontologie des médecins.
Je reste convaincue que si la loi que nous avons, était correctement appliquée, si l’on accompagnait mieux psychologiquement le patient et sa famille, certaines personnes ne demanderaient pas qu’on anticipe leur mort, elles s’éteindraient doucement, comme je les ai vu faire, quand je travaillais en soins palliatifs.

Marie de Hennezel

Marie de Hennezel



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