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Euthanasie : faut-il une loi ? : la loi sur l'euthanasie dans certains pays

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

Suite de l'interview de Marie de Hennezel sur l'euthanasie et son éventuelle législation.

Il y a un point que vous soulevez avec émotion : les sondages sur la maîtrise de cette fin de vie ont été effectués sur des tranches d'âge de moins de 75 ans.
Marie de Hennezel : Le rapport de Didier Sicard repose sur un sondage auprès des 35-65 ans et d’un deuxième sondage auprès de quelques personnes tout à fait en fin de vie. La tranche d’âge de 65 à 100 ans, en bonne santé souvent, n’est pas présente dans le rapport. Ce sont les personnes que je fréquente dans mes ateliers sur le « bien vieillir » et le « sens de l’âge ». Elles sont très ambivalentes sur la légalisation d’un droit à la mort. D’un côté, elles veulent pouvoir décider de leur mort, si elles ont le sentiment de se dégrader et de devenir un poids, et de l’autre elles sont très conscientes du danger qu’il y aurait à organiser leur suicide ! Elles ont peur qu’on fasse un jour pression sur elles pour qu’elles demandent à mourir, comme un geste citoyen généreux. Quand elles découvrent ce que la loi Léonetti permet, elles se demandent pourquoi on ne fait pas tout pour l’appliquer.
Pourquoi cette impasse sur la parole des âgés ? Peut-être que si on les écoutait, on découvrirait que leur demande est beaucoup plus qu’on les aide à vivre plus dignement, plutôt qu’on fasse une loi pour leur permettre de quitter la scène ?
Cela coûte évidemment beaucoup moins cher de faire une loi sur le suicide assisté que d’humaniser les maisons de retraite.

Quel bilan tirez-vous de la mise en place de l'euthanasie dans certains pays européens ?
M. de H. : Cela ne se passe pas si bien que cela en Belgique ou en Hollande. Les sociétés savantes, qui se sont données la peine d’aller voir de plus près, nous ont alertés sur les dérives dans l’application de la loi belge, par exemple. La commission de contrôle, dans ce pays, est bien incapable de vérifier si les déclarations d’euthanasie remplies par les médecins ont respecté tous les critères. Il n’y a eu aucune poursuite en dix ans, ce qui interroge sur la fonction de contrôle de ce dispositif. Il n’y a pas non plus de garantie que le patient ait été libre de son choix et n’ait pas subi des pressions. Enfin, la loi belge envisage actuellement d’étendre la loi aux mineurs et aux personnes âgées démentes.
L’euthanasie, qui au départ devait être réservée aux cas exceptionnels, est devenue très vite une norme, et aujourd’hui c’est devenu un droit.



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