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Une mastectomie pour prévenir le cancer du sein : quand ? : Les conseils d'un médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

Interview du docteur Catherine Noguès, médecin spécialiste en oncogénétique et santé publique, chef de Département à l'Institut Curie (hôpital René Huguenin).

Dans quels cas pratique-t-on une mastectomie à titre préventif ?
Docteur Catherine Noguès : Cette opération peut être proposée chez des femmes porteuses d'une mutation du gène BRCA1 ou du gène BRCA2. Quand une femme est porteuse d'une de ces mutations, le risque de développer un cancer du sein et/ou de l'ovaire au cours de sa vie, est fortement augmenté.
A noter que cela peut se produire chez un homme également. Pour les hommes, le risque de cancer du sein reste cependant très faible, des mastectomies ont pu être réalisées chez certains d'entre eux, en raison d'antécedents familiaux particuliers.

Quel est le pourcentage de femmes porteuses de ces mutations génétiques ?
Docteur C. N. : On estime qu'on les retrouve chez environ 2% des femmes qui ont eu un cancer du sein. D'après un registre de l'Institut national du cancer, en 2011, 2 000 nouvelles personnes ont été identifiées porteuses d'une de ces mutations génétiques (la moitié d'entre elles ayant déclaré un cancer).

Ce type d'opération est-elle souvent pratiquée en France ?
Docteur C. N. : Nous disposons en France des données d'une cohorte épidémiologique nationale (GENEPSO), où nous suivons plus de 2 400 femmes et hommes porteurs de ces mutations génétiques. Parmi les 1 200 femmes n'ayant pas eu de cancer, il s'avère que moins de 10 % d'entre elles ont subi une mastectomie prophylactique. Ces 1 200 femmes ont en moyenne 40 ans, et nous avons actuellement un recul de 3 ans pour leur suivi.

Pratique-t-on plus souvent ce type d'opération à titre préventif, à l'étranger ?
Docteur C. N. : Nous manquons de données pour répondre précisément. Il existe une disparité sur les données publiées. Mais il apparaît qu'une mastectomie à titre préventif serait effectuée chez moins de 10% des femmes porteuses de ces mutations génétiques dans la plupart des pays européens et en particulier d'Europe du sud ; chez près de 20 % d'entre elles au Royaume-Uni ; cela est très variable selon les centres de soins aux USA ; et sans doute chez près de 50 % aux Pays-Bas.

A part cette solution radicale, quels conseils proposer aux femmes qui ont ce grand facteur de risque génétique de développer ce cancer ?
Docteur C. N. : L'autre solution consiste à effectuer un dépistage très serré, mené par des équipes de sénologie coordonnées et entrainées. La surveillance mammaire commence généralement entre 20 et 30 ans : un examen clinique des seins tous les 6 mois. A partir de 30 ans : en plus des examens cliniques, sont recommandées une fois par an, une IRM des seins + une mammographie, avec parfois en plus une échographie des seins. Ces mesures n'empêchent pas l'apparition du cancer, mais permettent de le diagnostiquer et de le traiter dans les meilleures conditions possibles.
A partir de 40 ans, est recommandée aussi une ablation chirurgicale des ovaires compte tenu du risque élevé d'un cancer de l'ovaire et d'un dépistage très peu efficace de ce cancer. Effectuée précocément, cette intervention sur les ovaires a également l'avantage de réduire le risque de développer un cancer du sein.
Enfin, actuellement, des essais thérapeutiques sont menés pour voir si des médicaments peuvent diminuer le risque de cancer du sein (à base d'anti-aromatase, par exemple). Mais cela reste encore expérimental...

A lire aussi :
> Reconstruction du sein : la technique du DIEP
> Reconstruction mammaire après un cancer du sein
> Le cancer de l'ovaire.

Dr Catherine Noguès

Dr Catherine Noguès



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