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Sida et les nouveaux médicaments : en cas de test de dépistage positif

Publié par : Elide Achille

Suite de l'interview du Professeur Christine Katlama, du Service des maladies infectieuses, de Hôpital de la Pitié Salpetrière, à Paris. Elle donne quelques conseils au sujet du dépistage du virus du Sida.

Quels conseils pourriez-vous donner aujourd'hui vis-à-vis du dépistage ?

Professeur Christine Katlama : Le principal conseil destiné à chacun est de se faire dépister au moins une fois dans sa vie... J’insiste vraiment sur l’importance du dépistage. Connaître son statut sérologique permet de contrôler le virus que l’on héberge et c’est la clé pour une évolution favorable de cette infection VIH. C‘est aussi le meilleur moyen de ne pas transmettre le virus en particulier à ceux que l’on aime.

Bien sûr, le VIH, on s’en serait bien passé mais cette infection existe, elle se transmet très simplement entre les individus par relations sexuelles non protégées. Une fois infecté, on ne sent rien, on ne se rend compte de rien, or le virus petit à petit, au fil des années va prendre le dessus.

Quels conseils donneriez-vous au juste à chacun ?
Pr C. K. : Si on a ou si on a eu un jour une vie sexuelle active, alors il faut se poser la question : « Est-ce que je ne serais pas infecté moi aussi » ?

Une notion vraiment très importante est cette notion du risque. Il y a une confusion dans l’esprit des gens qu’il faut absolument corriger. La plupart pense que l’on est à risque parce que l’on a soi-même une vie exposée avec de nombreux partenaires sexuels, et qu’à l’inverse, on ne l’est pas si on a un partenaire régulier.

Or, le risque ne vient pas forcément de soi. Il y a un certain nombre de personnes fidèles dont le ou la partenaire peut être séropositive à son insu, ou bien des personnes qui n’ont plus de partenaires, mais qui sont séropositives parce que leur partenaire d’il y a plusieurs années, l’a été comme cette femme d’une soixantaine d’années sans relations sexuelles depuis dix ans, diagnostiquée au stade sida qui ne pouvait s’imaginer être à risques.

Le risque zéro n’existe que si l’on n’a jamais eu de relations sexuelles de sa vie, et pas de transfusion il y a quelques années.

On peut très bien être infecté sans avoir de symptômes ?

Professeur C. K. : On pense souvent, à tort, que si l’on était infecté, on aurait des symptômes ou bien peut être cela se verrait naturellement dans la prise de sang des bilans que l’on fait auprès de son médecin, par exemple. Non, le virus VIH (virus du Sida) ne se voit pas ainsi, et si l’on ne fait pas un test spécifique de dépistage, il n'existe pas de moyen de le débusquer.
Il faut savoir que le virus ne rend les gens malades qu’après des années d’infection, on peut être complètement asymptomatique, dans ce cas, le VIH peut mettre jusqu’à dix ou vingt ans pour se manifester. Ce qui fait que les personnes concernées se pensent séronégatives, et continuent à transmettre le virus aux personnes qu’elles aiment !

Aujourd’hui, il y a en France environ 30 000 personnes qui ignorent qu’elles sont séropositives. Il faut absolument que les personnes demandent elles-mêmes le test dès lors qu’elles ont une vie sexuelle, et il faut que ce dépistage concerne tous les partenaires.

Les symptômes n'étant pas évident à identifier, le dépistage est donc essentiel ...

Pr C. K. : Il ne faut pas craindre le dépistage, se faire dépister un acte responsable. Celui-ci est rapide, anonyme si on le souhaite, et on a les résultats très rapidement. Il existe maintenait des tests dits d’orientations diagnostiques qui se font avec un peu de sang prélevé au bout du doigt et avec un résultat immédiat. Une prise de sang, sans test spécifique pour repérer le VIH, ne peut absolument pas informer sur la présence ou non du virus dans l’organisme. Ne pas se faire dépister c’est ignorer le virus - ce qui l’arrange lui ! C’est se faire du mal à soi et à son entourage parce que ne pas savoir ne protège absolument pas de la maladie.

Et que faire si le test de dépistage est positif ?

Pr C. K. : Si le test est positif, on peut débuter un traitement rapidement qui coupera le chemin à la progression du virus immédiatement.

Quant au conseil destiné aux personnes qui se savent séropositives, c’est de se faire suivre en consultation. Sous traitement, leur charge virale dans le sang doit être devenue indétectable et le rester tout au long de leur vie. Bien évidemment, il leur incombe de prendre le traitement de façon régulière et sans interruption, d’avoir une bonne adhésion au traitement.

A l’heure actuelle les personnes prennent des vitamines plusieurs fois par jour, ce n’est pas plus difficile de prendre un comprimé une fois par jour contre le VIH.

A lire aussi :
> Témoignages de séropositifs.



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