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Le dépistage de l'ostéoporose : comment la dépister ?

Publié par : Elide Achille (15. décembre 2015)

Suite de l'interview du Dr Laurent Grange, président de l'AFLAR (Association Française de Lutte Anti-Rhumatismale).

Comment agir pour prévenir l'ostéoporose ?
Dr Laurent Grange : Le pic de masse osseuse est maximal autour de 20-25 ans. Il faut avoir une alimentation vitamino-calcique correcte ( vitamine D et calcium) tout au long de la vie, notamment à l’adolescence. Il faut également garder une activité physique, car cela stimule l’ os. Il est conseillé de marcher plusieurs heures par semaine.

Quelles sont les recommandations alimentaires à suivre ?

Dr L. G. : Quand on n’a pas de carence, les recommandations sont : 1 gramme de calcium par jour, 800 unités de vitamine D par jour. Les produits laitiers apportent du calcium, mais on peut également en trouver dans l’eau minérale, certains légumes, etc.

Quelles sont les sources de vitamine D ?

Dr L. G. : Quand on est jeune, la vitamine D provient de l’exposition au soleil, on peut s’exposer 15 minutes les bras, les mains, le visage en dehors des périodes où le soleil est le plus fort (midi-16h). Cela suffit à fabriquer de la vitamine D en quantité suffisante.

Lorsqu’on vieillit, ce n’est plus tout à fait vrai, car la peau s’épuise à fabriquer la vitamine D. Il va donc falloir une supplémentation en vitamine D naturelle ou artificielle.

Il faut combattre tous les autres facteurs de risque de l’ostéoporose : le tabac, la consommation de vin de plus de 3 verres par jour (mais 1 à 2 verres de vin rouge par jour est plutôt protecteur).

Comment mieux dépister l'ostéoporose ?
Dr Laurent Grange : En France, on assiste à une diminution progressive de la prise en charge de l’ostéoporose. Le remboursement d’une ostéodensitométrie est très compliqué, de nombreux critères sont pris en compte.
Les médecins ne la prescrivent donc pas assez souvent car les recommandations pour la rembourser sont complexes.

Après la ménopause, les rhumatologues militent pour un remboursement systématique de la densiométrie à 60 ans, ce qui n’est pas le cas actuellement. Il faudrait également proposer un questionnaire rapide pour dépister les femmes à risque de fracture.
Et enfin, améliorer l’image de l’ostéoporose, en faisant des campagnes d’éducation à la santé beaucoup plus large, car la maladie à une image un peu dégradée.

Pourquoi craignez-vous d'ici quelques années une "épidémie de fractures" chez les femmes âgées ?

Dr L. G. : Auparavant, les femmes étaient très souvent traitées par un traitement hormonal substitutif pour aider à combattre les symptômes liés à la ménopause. Il y a quelques années, il y a eu des restrictions d’utilisation, devant un sur-risque avéré de cancer du sein et de thrombose veineuse. Cela a entraîné une chute importante de la prescription de ces traitements hormonaux substitutifs.
Or ce traitement était aussi un des traitements préventifs de l’ostéoporose, il maintenait le capital osseux avec un os de bonne qualité. Dans les années à venir, les effets collatéraux de l’abandon de cette prescription vont être une épidémie de fractures, car les os des femmes ne seront plus protégés par le THS. Elles n’auront pas eu le traitement qui les préservait pendant 5 ou 10 ans.



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