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Radioactivité : quels risques pour la santé ? : Les risques selon les doses

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

Suite de l'interview du professeur André Aurengo, chef du service central de médecine nucléaire du groupe hospitalier de La Pitié-Salpêtrière (Paris).

7) Quelles doses de radioactivité, pour quels risques sur la santé ?

Professeur André Aurengo : Pour des doses très faibles, en dessous de 100 mSv (mSv = milli-sieverts) pour un adulte, 50 mSv environ pour la thyroïde d’un enfant, il n’y a pas de risque du tout, car l’organisme laisse mourir et élimine les cellules dont les chromosomes ont été abîmés.

Au-dessus de 100 mSv, commence le risque de cancer radio-induit : certains chromosomes abîmés sont réparés avec un risque d’erreur, aboutissant à une « mutation radio-induite » qui peut être la première étape vers un cancer en raison d'une succession de mutations génétique. Le risque de cancer radio-induit augmente avec la dose, mais les cancers semblent apparaître de façon aléatoire, au hasard.

A partir d’une certaine dose reçue dans un temps limité sur tout l’organisme : l’aléatoire fait place à la certitude.

Autour de 700 mSv, il y a des nausées et des vomissements. A 1500 mSv, c’est l’aplasie medullaire (chute des globules blancs, rouges et des plaquettes).

A 4500-5000 mSv, il y a une destruction de la paroi digestive qui se manifeste en quelques jours et la mort suit très vite.

A 4500 mSv, la radioactivité tue une personne sur deux de la population irradiée.

Et au-delà à 6000-7000 mSv, la totalité de la population succombe en quelque jours.
A 9000-10 000 mSv, on meurt en quelques heures d’un œdème cérébral. A ce niveau de dose, aucun traitement ne permet de sauver la personne irradiée.

8) Ces doses énormes sont-elles possibles ?

Professeur A A : Oui, il y a des zones dans l’enceinte d'une centrale nucléaire dans lesquelles on peut prendre 400 mSv par heure. Il suffit de faire le calcul, un travailleur exposé sans protection pendant 10 heures recevrait 4000 mSv... On parle aussi de 1000 mSv/heure à l’endroit où de l’eau contaminée s’est accumulée : si vous y restez 6 heures, vous êtes mort !

9) Faut-il comprendre que les milli-sieverts sont " cumulatifs " ?

Professeur A A : Oui, mais sur une brève période. 50 mSv à deux reprises sur 15 jours sont considérés comme une dose de 100 mSv en une seule fois.

10) Et l'organisme sait-il éliminer la radioactivité au fur et à mesure ?

Professeur A A : Sur des doses faibles, oui. Si Par exemple, vous prenez 3 mSv, puis 3 mois après 4mSv, les cellules touchées vont s’éliminer, mourir au fur et à mesure. En revanche, si vous prenez 300 mSv, puis 400 mSv trois mois plus tard, c’est quasiment comme si vous aviez reçu une seule dose de 700 mSv en une seule fois.

11) Et concernant les sols, les végétaux, la mer... l'irradiation va-t-elle se résorber ?

Professeur A A : Il faudra faire le bilan des zones contaminées autour de la centrale japonaise, avec des relevés précis, car les dépôts de produits radioactifs dépendent bien sûr de la distance par rapport à la centrale, mais aussi des vents, de la pluie, du relief et de la végétation. Il faudra ensuite engager des actions de décontamination, notamment pour les sols dans lesquels les particules radioactives se seront accumulées. Et il faudra contrôler le niveau de radioactivité des légumes dans les zones concernées.

Pour la mer, l’eau de mer est déjà radioactive (environ 10 becquerels par litre), ce qui s’est déversé va se diluer dans l’immensité de l’océan et il n’y aura pas d’impact à terme. Pendant quelques mois, il faut cependant vérifier l’éventuelle contamination des poissons.

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