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Environnement : Confidences et expériences personnelles

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (26. décembre 2008)

Yolaine de la Bigne : En tant que femme et que mère est-ce que vous arrivez à parler à votre enfant, à lui faire passer un message ? Ou est-ce que, au contraire, il a une espèce d’attitude de rejet : « écoute maman, ça c’est ton boulot, moi je ne veux pas en entendre parler ! »

Nathalie Kosciusko-Morizet : Mon enfant n’a que 3 ans, et honnêtement, il découvre les choses, il découvre juste l’école... donc pour le moment il fait un peu comme on lui apprend. Ce qui ne veut pas dire que la capacité de révolte n’existe pas, elle est grande, mais pas sur des choses comme ça, pas sur des questions d’autonomie de choix, pas encore...

Moi en revanche, je fais attention à ces choses-là pour lui. J’ai toujours fait en sorte de lui donner une nourriture saine, avec plutôt des produits frais. J’ai même réussi à convaincre ma belle-mère sur certains points. Autant elle ne change pas sa manière de faire pour elle, autant pour le petit, elle est prête à faire attention. Elle s’occupe beaucoup de mon fils, alors je lui fais acheter des produits bio par exemple. Je fais attention aussi à ne pas mettre le babyphone près de sa tête. Qu’il soit à deux mètres ou à côté on entend aussi bien, alors tant qu’à faire, autant le mettre plus loin.

J’ai pu observer en revanche - et les études le montrent aussi - que les enfants sont généralement très demandeurs. Ils sont très curieux. Et sur des questions comme l’écologie, on peut facilement être dans la pédagogie, en leur expliquant les choses simplement, à travers des images qui sont à leur portée, qui les accrochent, comme à travers les animaux par exemple. Le côté sauvage de la nature, avec les enfants, ça marche très bien.

Nous avons aussi mis en place une éducation à l’environnement à l’école. C’est vrai que pour le moment c’est encore inégal, car on forme les futurs profs dans les IUFM sur ces questions, mais pour ceux qui sont déjà en poste, ça reste à leur discrétion. Soit ils se sentent naturellement mobilisés et proposent des activités sur ces thèmes, soit ils ne sont pas très chauds, et du coup le message est transmis de manière inégale selon la classe, l’école, le professeur...

Yolaine de la Bigne : Vous parlez d’enfants petits. Mais pour les plus grands c’est différent. Moi j’ai les deux, une petite de 11 ans, très concernée, militante même. Par contre mes fils de 23 et 20 ans, ça les amuse parce que c’est le grand thème qui passionne leur mère... mais ils ne s’y intéressent pas vraiment. S’ils font un geste, type recyclage - quand ils le font ! - c’est pour faire plaisir à leur mère. J’ai le sentiment qu’ils pensent que c’est un souci de vieux. Eux ils pensent à leurs études, leur futur job, leurs petites amies, leurs copains... bref à se sentir bien avec les autres et dans la société, mais sans sentir venir le danger. Et je constate autour de moi à peu près les mêmes réactions chez les jeunes.

Nathalie Kosciusko-Morizet : Il y a en effet un âge qui est très sensible, c’est au moment de l’ adolescence, quand ils deviennent eux-mêmes consommateurs, jusque vers 30 ans environ. Cette période est importante parce qu’il y a une attitude forte de rejet, il y a un peu d’agacement aussi, et puis c’est l’âge où l’on entre dans la vie d’adulte, où l’on peut faire ses propres choix. Et là, le choix, il ne se fait pas forcément sur des critères éthiques, mais plutôt sur des critères économiques : parce qu’on n’a pas beaucoup de moyens, on va au moins cher. C’est donc une période charnière très importante.

Yolaine de la Bigne : D’où l’intérêt pour les politiques, pour les journalistes et pour nous, les parents, de les sensibiliser et de les éduquer à créer un monde meilleur !

Rendez-vous sur le site de Néoplanète de Yolaine de la Bigne et son équipe.

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Interview de Nathalie Kosciusko-Morizet et Yolaine de la Bigne

Nathalie Kosciusko-Morizet et Yolaine de la Bigne © ST



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