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Don et greffe de sang de cordon : L'intervention

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

Comment se passe l'intervention consistant à faire un don de sang de cordon ? Réponse : le plus simplement du monde ! A l’accouchement, a priori toute femme peut donner le sang du cordon. Ce don est gratuit et anonyme, il est sans danger ni pour la mère, ni pour l’enfant. Si une femme enceinte veut effectuer un don de sang placentaire, l’accouchement ne peut avoir lieu que dans une maternité habilitée. Il y en a malheureusement très peu. En 2010 : trois maternités à Bordeaux, deux à Besançon, une à Belfort, Dijon, Lyon, Grenoble, Montpellier, Poitiers, Créteil, et une à la maternité l'hôpital Robert Debré à Paris.

Avant l’accouchement, un médecin vous expliquera comment cela se passe. Vous donnerez votre consentement de ce don par écrit. Une analyse de sang est effectuée pour dépister une éventuelle hépatite virale, infection au VIH...
30 à 100 ml de sang sont collectés en ponctionnant le sang du cordon après la naissance, avant ou après la délivrance. C’est bien sûr indolore.
Ensuite, des analyses sont effectuées en laboratoire sur le sang placentaire pour contrôler les cellules souches, identifier leur groupage tissulaire (HLA*), etc.
Par la suite, le sang est congelé dans des poches conservées dans des « banques de sang placentaire ».
Le sang est ainsi gardé, mis en quarantaine durant trois mois.

Trois mois plus tard, une prise de sang chez la mère est effectuée pour encore une fois contrôler une éventuelle infection au VIH ou à une hépatite passée inaperçue quelques mois auparavant. Le bébé doit aussi être examiné par un médecin, l’envoi d’une photocopie d’un certificat de cette consultation, ou de la page du carnet de santé de l’enfant suffit.

Pour des raisons de sécurité, de précaution, de quantité de cellules souches insuffisante, seul 1/3 des dons seront utilisés.

*Human leukocyt antigen correspond à la carte d'identité des antigènes de chaque personne (un peu comme le groupe sanguin, mais beaucoup plus complexe !).

Pour le receveur

En cas de leucémie, juste avant d’effectuer cette greffe, la moelle osseuse du patient est entièrement détruite par chimiothérapie ou radiothérapie. Elle se reconstituera ensuite grâce à la greffe.

Pour cela, le sang placentaire est transfusé chez le malade. Une ou deux unités de sang placentaire peuvent être transfusées. Les cellules souches du cordon passent dans le sang du patient, pour gagner l'intérieur des os (la moelle osseuse). Le temps que la greffe prenne, c’est-à-dire que les cellules souches se logent dans la moelle osseuse et produisent de nouvelles cellules sanguines normales (globules rouges, globules blancs, plaquettes), le patient doit rester dans une chambre stérile (comme les « enfants bulles »).

Cette hospitalisation qui dure environ 3 semaines, est difficile car elle se fait dans un environnement très particulier où de nombreuses précautions sont prises. Malgré ces précautions, il existe un risque de contamination microbienne.

Les avantages

Les cellules souches du placenta sont très peu « matures », même d’un point de vue immunologique. Conséquence, ces cellules sont beaucoup plus facilement compatibles avec un receveur. Ainsi, il est plus facile de s’assurer de la « compatibilité » entre donneur et receveur. C’est la principale différence qu’il y a avec une greffe de moelle « classique ».

En cas de greffe de cordon, chez le receveur, il y a moins de réactions immunitaires du greffon contre l’hôte après la transfusion, et les suites de la greffe se passent généralement mieux qu’en cas de greffe de moelle « classique ».

Enfin, en cas de greffe de moelle « classique », le donneur subit soit une petite intervention chirurgicale avec anesthésie générale pour prélever un peu de sa moelle osseuse (dans l’os du bassin), soit des injections d’un médicament pour recueillir les cellules souches dans le sang. Bien sûr, ces actes n’ont pas lieu dans la greffe de sang placentaire

Les inconvénients

Par rapport à la greffe de moelle « classique », la greffe de sang placentaire agit avec un retard. Les cellules souches du cordon qui vont coloniser la moelle osseuse du patient mettent un peu plus de temps à produire des cellules sanguines normales.

Le risque d’infection est augmenté (contamination par un virus, une bactérie, un champignon...). Le patient reste donc au moins une vingtaine de jours en chambre stérile. Cette hospitalisation peut être longue et difficile.



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