publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Diabète : il est important d'être bien suivi : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (05. février 2014)

Questions au Professeur Jean-Frédéric Blickle. Service de Médecine Interne, Diabète et Maladies Métaboliques, CHU de Strasbourg. Ce médecin spécialiste apporte plein de conseils utiles...

Pourquoi le diabète est-il de plus en plus fréquent ?
L’augmentation de la prévalence du diabète de type 2 suit celle de l’obésité. Ceci est parfaitement illustré par les données américaines, mais également retrouvé en France.
Cette évolution est liée à celle du mode de vie avec la réduction de l’activité physique liée à la mécanisation du travail et des déplacements, et les modifications qualitatives et quantitatives de l’alimentation (abondance, disponibilité, publicités en faveur d’aliments sucrés, gras...), mais aussi une tendance à la déstructuration des repas.

Les projections sur l’évolution du diabète dans le monde sont effectivement inquiétantes, mais l’on voit mal comment inverser la tendance, si ce n’est par des campagnes de sensibilisation collectives, le « retour au passé » n’étant probablement pas une solution, même s’il y a quelques sectes ou groupes d’individus qui prônent ce type de mode de vie.
En tout cas, l’OMS parle d’épidémie mondiale. Ce terme me semble un peu malheureux car, auprès du grand public, il fait trop référence à une maladie contagieuse, et que le terme de pandémie utilisé pour la grippe A, a plutôt été tourné en dérision.

Peut-on espérer guérir d'un diabète de type 2 ?
Le diabète de type 2 représente un modèle d’interactions entre gènes et environnement. Le support génétique est mal connu et manifestement de nombreux gènes interviennent. En principe, on ne guérit pas du diabète du type 2. La glycémie peut se normaliser sous traitement hygiéno- diététique bien mené, mais il est hautement probable que la maladie réapparaitra plus tard.
De même, on sait que l’on peut « prévenir » ce diabète, c’est-à-dire réduire son incidence chez les sujets à risque en mettant place un programme diététique et d’activité physique, mais dans ce cas aussi, on ne fait que retarder son apparition, ce qui n’est pas un résultat négligeable vis-à-vis du risque de complications.

Existe-t-il une hérédité ?
Le risque de développer un diabète de type 2 est d’environ 3,5 fois plus élevé lorsqu’un parent est atteint et ce risque augmente si l’hérédité est bilatérale. Mais il ne faut pas oublier l’intervention des facteurs d’environnement dans l’expression de la maladie.

Faut-il avoir un lecteur glycémique à son domicile ?
Le contrôle de la glycémie capillaire par un lecteur de glycémie est indispensable pour adapter le traitement au jour le jour, si l’on est traité par insuline. Chez un patient qui souffre d’un diabéte de type 2 (ne nécessitant pas d’insuline), l’auto-surveillance glycémique a un intérêt plus réduit car la dose des médicaments est fixe. Le contrôle de la glycémie est effectué en dosant de façon régulière par une prise de sang classique, l’hémoglobine A1c.
L’auto-surveillance peut toutefois être utile dans les situations critiques de maladies intercurrentes. Elle peut aussi participer à améliorer l’observance thérapeutique (diététique et médicaments) en pointant les conséquences glycémiques des écarts.
En ce qui concerne le remboursement des lecteurs de glycémie, des dispositions officielles sont toujours limitées aux diabétiques traités par insuline ou ayant des troubles visuels, mais dans la pratique c’est un peu plus souple.


publicité