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Personnes séropositives : leur témoignage : Le témoignage de Guillaume

Publié par : Elide Achille (30. novembre 2014)

Témoignage de Guillaume, 29 ans. Il a découvert qu'il est séropositif depuis deux ans.

Quelle est votre vie depuis que vous vous savez séropositif ?

Je suis contaminé depuis deux ans maintenant. Je sais comment je l’ai eu, mais je ne sais toujours pas pourquoi j’ai tout fait pour l’avoir. Je ne sais pas l’expliquer, mais je crois que j’ai toujours su qu’un jour je l’aurais. Je suis pourtant de cette génération qui est venu au monde avec des capotes dans une main, et des bouquins d’explication sur le VIH dans l’autre. Et pourtant, ça ne m’a pas suffit, j’ai pris des risques, beaucoup, et j’ai toujours imaginé que je n’étais pas concerné tout en sachant que je l’étais. Une sorte de schizophrénie que je mets sur le compte de mon coming-out extrêmement tardif. En fait, c’est comme si j’espérais presque avoir le VIH pour pouvoir enfin dire que je suis homosexuel. Avec un diagnostic comme ça, on ne pouvait plus me dire : ah oui, mais peut-être que tu te cherches, tu ne sais pas vraiment, etc...

Et votre vie a-t-elle beaucoup changé depuis cette séropisitivité ?
Ma vie a pris un virage à 180°. Je suis plus apaisé, moins dans l’urgence, je me suis même mis en couple, et nous envisageons de nous marier... Je n’ai plus besoin de sortir comme avant, j’ai un besoin de cocooning, de rentrer retrouver mon compagnon.

Ce virus, j’ai l’impression de l’avoir apprivoisé, comme un animal de compagnie un peu. On cohabite et il m’arrive même de lui parler, les jours sans, quand j’ai un coup de mou, je lui dis qu’il ne m’aura pas et qu’il peut toujours courir pour essayer de me tuer.

Le plus pénible au début, ce sont les médicaments, et puis c’est comme pour tout, on finit par s’y faire. On se dit que ce n’est pas pire que d’être diabétique ou d’avoir une maladie de Charcot, par exemple (mon oncle avait une maladie de Charcot). Alors oui, si on est HIV+ et qu’on a aussi la maladie de Charcot, c’est sûr que c’est tout de suite moins facile... L’humour est mon moteur et j’essaie d’avancer avec. Globalement, je suis bien !

Comment se déroule votre traitement ?

Il faut savoir qu’à partir du moment où le laboratoire m’a rappelé pour me dire qu’il y avait un petit problème de prélèvement technique et qu’on devait refaire la prise de sang, j’ai compris que j’étais séropositif. Mon médecin traitant m’a orienté vers un infectiologue spécialisé dans la prise en charge des séropositifs à l’hôpital. Celui-ci m’a refait faire un bilan complet, incluant une prise de sang, un ECG (électrocardiogramme) et une radio des poumons. Puis, il m’a expliqué que ma prise en charge était un contrat réciproque et que je m’engageais à me faire soigner et à suivre la procédure. Je suis en ALD (Affection Longue Durée) uniquement pour mon infection au VIH et ce qui est en rapport avec. C’est mon médecin qui a envoyé la demande à mon centre de sécurité sociale, lequel a donné son accord. Cela veut dire que tous les examens et les médicaments qui sont en rapport avec mon statut de HIV+ sont pris en totalité en charge par la sécurité sociale.

La photo ne correspond pas au témoin.

La photo ne correspond pas au témoin.

La surveillance du traitement

Suite du témoignage de Guillaume. Il raconte son traitement anti-VIH.

Quelle est la surveillance du traitement ?

Au début, j’avais une prise de sang tous les mois, puis c’est passé à une fois tous les 2 ou 3 mois. A présent, tous les 6 mois. Cette analyse en soi n’a rien de compliqué, je vais au laboratoire à jeun, j’ai les résultats dans la journée. Ils sont envoyés directement à mon médecin. J’ai une liste impressionnante de résultats, ça va de ce qu’ils appellent ma formule sanguine (la quantité des cellules de mon sang), jusqu’à mon taux de sucre (glycémie) et de graisse (cholestérol, triglycérides) en passant par les enzymes du foie (Asat, Alat). A l’exception de cette prise de sang deux à trois fois par an, et ma prise de médicaments, chaque matin, je n’ai pas de véritable contrainte. Je dois toutefois prévenir mon médecin si je prends d’autres médicaments, même si ce sont de simples compléments alimentaires ou des vitamines.

Et pour le quotidien, les vacances... ?
Si je pars en vacances, je préviens dans quel pays je compte aller. Au début, je me souviens que j’appelais tout le temps pour demander si je pouvais manger tel ou tel fruit, pour ne pas interférer avec les traitements. Enfin, je dirais que j’ai de la chance parce que je n’ai eu quasi aucun effet secondaire, à part de légers maux de ventre au tout début de mon traitement. Soit je me suis adapté au traitement, soit le traitement s’est adapté à mon organisme... En tout cas, aujourd’hui je ne souffre plus de cela.

Comment gérez-vous le regard des autres ?

C’est comme le reste, ça dépend des gens et des jours. D’abord, il faut savoir que très peu de gens le savent autour de nous. A l’exception de mon compagnon, mes parents et mes frères, personne ne sait que je suis séropo. Je travaille depuis plusieurs années dans une agence de relations publiques et j’ai une charge de travail impressionnante. Alors même si c’est une boîte très « open », cela ne les a pas empêché de virer une des directrices de clientèle parce qu’elle a été arrêtée plusieurs fois pendant sa grossesse. Evidemment, ils lui ont collé une raison valable aux yeux de la loi, mais je ne suis pas dupe. Je n’ai donc rien dit à personne et ma séropositivité n’interfère pour l’instant pas avec mon travail.

La photo ne correspond pas au témoin.

La photo ne correspond pas au témoin.

La vie sociale quand on est séropsitif

Suite du témoignage de Guillaume. Il est séropositif. Il parle de sa vie sociale...

Et vis-à-vis de vos amis ?

Pour les amis, je ne vois pas l’intérêt de dire que je suis séropositif, je n’ai pas de relations sexuelles avec eux (ou du moins on va dire que je n’en ai plus). L’ex-femme de mon compagnon l’a appris par lui, et pendant 6 longs mois, notre vie a été un enfer. Elle a refusé que leurs enfants adolescents viennent dormir chez nous comme c’était le cas un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Elle a prétexté que j’étais un danger public, ne me serrait pas la main et obligeait ses enfants à boire et manger dans de la vaisselle jetable.

Aujourd'hui, la situation s'est-elle améliorée avec la famille, les proches ?
Tout cela est bien derrière nous à présent. Et aujourd’hui, je suis ravi des relations que nous entretenons avec les enfants qui sont adolescents. Enfin, je dirais que globalement, je n’ai pas trop à souffrir du regard des autres qui est inexistant par rapport à ma séropositivité. Et je ne suis pas non plus l’archétype de l’homosexuel tel qu’il est caricaturé dans les films. Mais quand on est tous les deux, au restaurant ou à une soirée, je vois bien les regards amusés des gens parce qu’on est gays. Alors je dirais que je préfère ce regard amusé, voire méprisant parfois, au regard terrorisé si l’on apprenait que je suis en plus séropositif.

... Un message à délivrer ?
Oui, en particulier aux jeunes, quelle que soit leur sexualité : amusez-vous si vous le voulez, changez de partenaires si ça vous change, soyez monogame si tel est votre plaisir... La seule chose que vous devez avoir en tête c’est de vous protéger et faire un test de dépistage dès que vous avez pris un risque !

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