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Toutes les réponses sur la grippe A et le vaccin : Personnes les plus vulnérables

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (25. juin 2009)

Interview du Docteur Jean-Philippe Rogez, service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Limoges.

4 - Si l'on a dans son entourage des personnes touchées par la grippe A ou suspectes, que faut-il faire ?
La diffusion étant essentiellement aérienne via les microgouttelettes de la respiration et plus encore pour la toux, le port du masque pour le malade et l’entourage, pendant la période de contagion, est primordiale. La contamination est maximale à une distance de moins de 3 m. Sinon, se laver les mains après s’être mouché ou avoir toussé et jeter les mouchoirs permet d’éviter la transmission par contact cutané qui s’avère également possible.
D’une manière générale, aérer les pièces, éviter les atmosphères confinées.

5- Combien de temps une personne malade est-elle contagieuse ?
La contagiosité est à son niveau maximal dans les 24 premières heures qui suivent les premiers symptômes. Elle dure de 4 à 5 jours pour l’adulte, mais dans le cas des enfants dont l’immunité est moins tonique, cette période est plus longue. On conseille une période d’éviction de 7 jours. Il faut aussi tenir compte d’un risque de transmission, dans les 24 heures qui précèdent les signes de la maladie.

6 - Pour les cas graves, que se passe-t-il à l'hôpital ?
Le patient est isolé pendant 24 heures, le temps d’avoir les résultats des prélèvements naso-pharyngés (narine droite et gauche) pour déterminer s’il s’agit bien du virus H1 N1. On administre un traitement préventif (Tamiflu®), uniquement aux personnes de l’entourage, fragiles ou à risque. Pour le malade, lui-même, il n’y a pas de protocole « type », mais une discussion thérapeutique visant le traitement le plus adapté.

7 - On entend souvent dire " Ce n'est qu'une petite grippe comme les autres ", vrai ou faux ?
Faux, car la mortalité des jeunes est plus élevée que pour la grippe saisonnière. On a notamment plus de formes graves chez les enfants de moins d’un an, automatiquement traités à l’hôpital, mais aussi chez les femmes enceintes. D’autre part, l’étude des cas de la Réunion et de la Nouvelle-Calédonie montre que le risque de mortalité globale est plus important que pour la grippe saisonnière commune. Cette dernière engage le pronostic vital pour 1 malade sur 1 million, dans le cas du H1N1, le risque serait de 1 pour 10 000.

8 - Donc, c'est une grippe très dangereuse ?
Non plus ! Le virus A H1 N1 n’est pas un virus agressif comme celui de la grippe aviaire qui tue 60 % des contaminés. Pour l’instant, en France, nous n’avons à déplorer qu’une centaine de morts, ce n’est donc pas le scénario catastrophe que l’on craignait en pleine épidémie. Mais il faut tout de même noter que parmi ces cas mortels, on recense 20 à 25 % de sujets qui étaient bien portants et sans antécédent médical particulier. Ce n’est pas beaucoup sur le nombre de malades touchés, mais cela justifie la campagne de vaccination visant l’ensemble de la population.



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