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Absence du père... comment faire ? : Quel ressenti ont les enfants ?

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (13. septembre 2012)

Interview du Dr Edwige Antier, sur le manque du père...

Comment les enfants perçoivent-ils la situation à laquelle ils sont confrontés ?
Dr Edwige Antier : Dès qu'il est né, l'enfant a besoin de la stéréo du couple. Il reconnaît la voix grave de son père, se sent différent contre ses pectoraux par rapport au sein de la mère. Dans sa première année, sa perception est sensorielle, puis elle devient émotionnelle : il perçoit la tristesse de sa maman, en cas de séparation avec le père, par exemple.
Entre trois et cinq ans, il se bouche les oreilles pour ne pas entendre les disputes ou les colères. Il sent le manque de l'autre, pour lui, mais aussi pour chacun de ses parents. Et même s'il a l'air affairé à ses jeux, ses petites oreilles captent la moindre intonation au téléphone, dans les conversations entre la mère et ses amies, par exemple.

Cette perception de la situation évolue-t-elle ?
Dr E.A. : Sa compréhension évoluera à chaque étape du développement de l'enfant. Les mères de mes jeunes patients me disent souvent : « mais je lui ai déjà expliqué ! ». Il faut répondre avec des mots nouveaux, à chaque nouvelle dimension de sa problématique. « Pourquoi je n'ai pas de père ? » n'est pas la même problématique que « pourquoi je n'ai pas de papa ? » (du quotidien). S'il a un espace de paroles neutre pour y voir clair aux grandes étapes de son développement, l'enfant évolue bien.

A quel moment va-t-il ressentir un manque du père ?
Dr E.A. : Dès la naissance... Mais peut-être jamais, si sa mère sait l'écouter, répondre, évoluer avec lui, lui dire aussi ses ignorances et ses doutes. Mais toujours dans le respect de celui qu’elle a choisi à un moment pour faire un bébé.

Les aînés peuvent-ils jouer un rôle dans l'acceptation de la situation auprès de leur jeune frère ou soeur ?

Dr E.A. : Complètement ! L'aîné est le porte-parole de la fratrie, l'éponge des émotions de ses parents, c'est lui qui parle, c'est lui qui questionne, c'est lui qui discute. Les petits l'écoutent parler aux parents, le regardent réagir et règlent le pas de leurs émotions sur le grand. Il faut réserver du temps au second pour qu’il libère ses émotions, c'est plus constructif pour son avenir.

Edwige Antier©Benjamin Bini

Edwige Antier©Benjamin Bini



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