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Comment un enfant apprend à lire : L'âge pour apprendre à lire

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (14. octobre 2010)

Interview de Franck Ramus, Chargé de recherches au CNRS, Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique (UMR 8554).

Que se passe t-il dans le cerveau d'un enfant qui apprend à lire ?
Franck Ramus : Le cerveau de l'enfant acquiert d'abord des symboles visuels : les lettres et leur nom. Puis viennent les sons (phonèmes) qui sont associés aux lettres.
Lors de l'apprentissage de base (b-a-ba), le cerveau de l'enfant automatise ces relations et leur enchaînement, afin de pouvoir déchiffrer progressivement les séquences de lettres qui forment les mots. A force d'exposition avec les mots écrits, le cerveau finit par mémoriser la forme visuelle (orthographique) des mots, associée à sa forme sonore (phonologique) et à son sens (sémantique).
Il se forme un nouveau dictionnaire mental (lexique) dans le cerveau de l'enfant, connecté aux autres dictionnaires mentaux déjà acquis par le langage oral. Il s'agit d'une réorganisation importante du système visuel de l'enfant et de ses connexions avec le système du langage.

Franck Ramus, chercheur au Cnrs, spécialiste de l'acquisition du langage et de la lecture.

Franck Ramus, chercheur au Cnrs, spécialiste de l'acquisition du langage et de la lecture.


Y a-t-il un âge " moyen idéal " pour l'acquisition de la lecture par le cerveau ?
F. R. : Il y a quelques bases importantes à acquérir avant d'apprendre à lire, notamment un minimum de vocabulaire. On ne peut pas lire et comprendre des mots qu'on ne connaît pas. Ensuite, il faut avoir une conscience phonologique, c'est-à-dire avoir compris que la parole est formée de toutes petites unités élémentaires (les phonèmes). La plupart des enfants sont " prêts cognitivement " vers 5-6 ans, d'où l'âge retenu en France pour démarrer l'apprentissage de la lecture. Certains sont prêts beaucoup plus tôt, d'autres plus tard.

Pourquoi ne commence-t-on pas plus tôt ?
F. R. : On peut avancer l'âge d'apprentissage de la lecture, mais le risque est qu'une proportion plus grande d'enfants ne soit pas prête cognitivement, et se retrouve alors en échec. C'est donc un choix difficile à faire, et on manque d'études d'évaluation comparant différents âges d'apprentissage.

Mais le cerveau a une plasticité étonnante, alors pourquoi ne pas envisager de le faire travailler plus tôt pour apprendre à lire ?
F. R. : Tout d'abord il ne faut pas imaginer que la plasticité cérébrale est illimitée. Le cerveau est soumis à un plan de développement et à des contraintes biologiques. Ces contraintes sont un peu flexibles, et on peut certainement les repousser, mais dans une certaine limite seulement. On ne peut pas faire faire n'importe quoi à un cerveau humain !



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