publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Comment un enfant apprend à lire: Un rythme d'apprentissage différent

Publié par: Dr. Nicolas Evrard (14. octobre 2010)

Suite de l'interview de Franck Ramus, Chargé de recherches au CNRS, Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique (UMR 8554).

Quand doit-on commencer à s'inquiéter ?
Franck Ramus : Vers le milieu du CP, un enfant qui n’a pas appris les bases du décodage devrait faire l’objet d’une prise en charge pédagogique spécifique de la part de la maîtresse (ou du maître) ou d’un enseignant spécialisé - sans préjuger d’un quelconque diagnostic. Si une telle prise en charge pendant quelques mois ne permet pas à l’enfant de rattraper son retard, il est prudent d’en référer au médecin scolaire pour un bilan.

Peut-on néanmoins envisager de stimuler le cerveau pour faciliter l'apprentissage de la lecture ?
F. R. : Les principales stimulations recommandées pour faciliter l’apprentissage de la lecture sont celles des principaux pré-requis cognitifs : il s’agit donc de développer le vocabulaire de l’enfant et d’entraîner sa conscience phonologique. C’est justement au programme de la grande section de maternelle depuis 2002. Rien n’indique qu’il soit utile d’en faire plus ou plus tôt, sauf pour les enfants qui auraient des difficultés particulières dans ce domaine.

Certains enfants apprennent à lire sans aide, d'autres ont des difficultés, est-ce une question d'intelligence ?
F. R. : Rares sont les enfants qui apprennent à lire sans aucune aide (hyperlexie). Plus nombreux sont les enfants qui éprouvent des difficultés. Les déficiences intellectuelles n’expliquent qu’une petite partie des difficultés en lecture. Une autre partie peut s’expliquer par des désavantages socio-culturels, induisant un faible vocabulaire et globalement un faible niveau de langage oral et une faible exposition à l’écrit. Enfin, une troisième partie est attribuable à un trouble spécifique de l’acquisition du langage écrit, la dyslexie, qui n’est pas un problème d’intelligence générale et peut se rencontrer chez les enfants, quelque soit leur niveau d’intelligence.

La dyslexie a-t-elle une origine liée au développement du cerveau ?
F. R. : La dyslexie concerne certains enfants qui semblent rencontrer des difficultés inattendues ou inexpliquées en terme d’apprentissage de la lecture. Ils semblent éprouver une difficulté spécifique à l’identification des mots écrits.
Il y a évidemment une base cérébrale, reflétée par des perturbations fonctionnelles structurelles. Cette base cérébrale est influencée à la fois par des facteurs génétiques, des facteurs biologiques influençant le développement du cerveau, et des facteurs sociaux et pédagogiques influençant les apprentissages de l’enfant et donc la réorganisation de son cerveau.


publicité