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Comment aider votre enfant à devenir propre : Les conseils du pédiatre

Publié par : Clémentine Fitaire (21. août 2014)

Entretien avec le docteur Marc Sznajder, pédiatre*.

À partir de quel âge faut-il s'inquiéter de l'incapacité d'un enfant à être propre ?

L’âge ne doit pas être un sujet d’inquiétude, car la période d’ acquisition de la propreté est relativement variable.

De plus, la propreté diurne survient plus tôt que la propreté nocturne.

Chez les filles, des petits accidents peuvent survenir dans la journée, c’est ce que l’on appelle l’immaturité vésicale, qui peut durer quelques années, mais qui généralement se corrige naturellement. Cela caractérise les fillettes qui sont propres, mais qui de temps en temps ont des envies pressantes et qui ont du mal à les contrôler.

Chez les petits garçons en revanche, les accidents sont plutôt nocturnes.

Si la propreté nocturne n’est toujours pas acquise vers 6 ans, il faut penser à consulter un médecin ; de façon à s’assurer que l’examen clinique de l’enfant est normal, et qu’il n’y a pas de signes pouvant faire penser à un problème neurologique ou urinaire. Car parfois on va banaliser des petites fuites ou une incontinence alors qu’elles peuvent être la conséquence d’une malformation urinaire.

Mais d'une manière générale, les filles semblent plus précoces que les garçons au niveau de la propreté, y'a-t-il une explication à cela ?

C’est surtout une observation qui n’est appuyée par aucune justification scientifique. Mais dans de nombreux domaines, les fillettes sont souvent plus « dégourdies » que les garçons !

Quels conseils donneriez-vous aux parents qui s'apprêtent à apprendre la propreté à leur enfant ?

> Avant 18 mois, ce n’est pas la peine d’insister pour que bébé aille sur le pot. Cet âge correspond en effet à une étape du développement psychomoteur. Françoise Dolto donnait comme repère le moment où l’enfant est capable de monter et descendre des marches.

> Lorsque l’enfant commence à signaler quelque chose (qu’il a fait ses besoins ou qu’il va les faire), c’est qu’il est temps de commencer à lui proposer le pot.

> Je dis toujours aux parents qu’il n’y a pas de raison de se mettre la pression, il n’y a pas d’enjeu, l’enfant sera forcément propre à l’arrivée, quel que soit le temps que cela prend.

> La pression de l’école ne doit pas être une contrainte pour l’enfant : encouragez-le (« tu es grand maintenant tu vas aller à l’école »), plutôt que de lui asséner des paroles négatives (« si tu n’es pas propre, tu n’iras pas à l’école »). D’ailleurs quand on force un enfant, il peut être amené à se retenir de manière excessive, ce qui peut créer des constipations terribles et néfastes.

Trouvez-vous que les parents sont de plus en plus " stressés " vis-à-vis du développement de leur enfant ?
Je ne pense pas que les mères soient de plus en plus stressées. Les mamans sont cependant plus angoissées pour le premier enfant que pour les suivants, pour la simple raison qu’elles n’ont pas d’expérience, ni de repères.

La pression peut parfois venir de la famille, en particulier des grand-mères et des arrière-grand-mères qui comprennent mal qu’un enfant ne soit pas propre à 2 ans.

Mais je constate souvent que les ainés sont propres plus vite que les suivants. Parce qu’avec l’expérience, le problème est jugé mineur, et au final tous les enfants parviennent à être propres.

Sources et notes
- Marc Sznajder, Claire Pinson, Bébé mode d'emploi, ed. Marabout, 2004,

- Marc Sznajder, Guide médical de votre enfant, éd. Marabout, 2007.

Docteur Marc Sznajder

Docteur Marc Sznajder



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