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Burn out maternel : le témoignage de Zohra

Publié par : Clémentine Fitaire (05. juillet 2016)

Zohra, 29 ans, mère de 3 enfants : 3 ans 1/2 et jumeaux de 15 mois. Elle nous livre son témoignage sur son burn out maternel...

Quelle est votre situation familiale ?

J’ai arrêté de travailler à la naissance de mes jumeaux. J’ai pris un congé parental qui s’arrêtera lorsqu’ils auront 3 ans... si j’arrive à tenir jusque là. Yoan, mon mari travaille beaucoup, et il est souvent en déplacement en province ou à l’étranger. Il était indispensable que l’un de nous s’arrête pour les enfants, et comme je gagnais classiquement environ trois fois moins que lui, la question ne s’est pas longtemps posée.

Comment gérez-vous vos journées ?

A priori très mal. Il est vraiment très difficile de s'en sortir avec des jumeaux. Je suis souvent réveillée vers 6 h 00 du matin par les jumeaux : Nathan et Sacha. Et ce, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil. Ils sont pires qu’une horloge suisse. Chaque soir avant de me coucher, je me fais la promesse solennelle de ne pas m’emporter, et chaque jour je m’énerve au bout de quelques heures. Paola, ma fille aînée va à l’école seulement en matinée. Souvent les jumeaux dorment quand c’est l’heure d’aller la chercher à 11 h 20, donc je dois les réveiller, ce qui les met de mauvaise humeur pour la suite. Je passe tout mon temps avec mes enfants.

Trop souvent Yoan, mon mari me reprochait de ne pas avoir de patience, et d’être trop sévère avec les enfants : « Tu t’énerves pour pas grand-chose », c’était sa phrase préférée. Il ne comprenait pas que lui avait une bouffée d’oxygène en allant travailler.

Comment avez-vous compris que vous alliez vers un burn out maternel ?

Un soir, Yoan est rentré et m’a trouvée dans le même état que le matin lorsqu’il est allé travailler. J’étais en robe de chambre, je n’avais eu le temps de rien faire. Ma fille avait une gastro, je l’avais gardée à la maison avec moi. Les jumeaux avaient dessiné sur l’un des murs du salon, le temps que j’aille changer les draps de Paola. Nathan commençait à être patraque, la même chose que sa sœur et moi je pleurais silencieusement dans la cuisine.

Entendre le son de la voix de Yoan m’a fait sortir de mon état catatonique, j’ai tout planté là et j'ai pris la porte, en robe de chambre. Je crois que je n’allais pas très bien. Mon mari m’a retrouvée dans le parc dans lequel j’emmenais souvent les enfants. Quand je suis rentrée, j’ai vu que mes parents étaient là, les siens sont arrivés après. Je ne me souviens pas très bien, mais il a dû y avoir un conseil de famille, parce qu’après cela il y a toujours, et tous les jours, eu quelqu’un chez nous.

Avoir de l'aide quotidiennement a suffi pour vous en sortir ?

Non certainement pas, j’étais allée trop loin dans ma dépression. Je suis suivie depuis 4 mois maintenant par mon généraliste qui m’a prescrit des anti-dépresseurs. Je vais beaucoup mieux, mais je suis sacrément fragile, je le sais, et je crois que tout le monde autour de moi l’a bien compris. Je me dis en secret : vivement que je retravaille pour pouvoir me reposer...

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