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Burn out maternel : le témoignage de Claire

Publié par : Clémentine Fitaire (05. juillet 2016)

Claire, 27 ans : 2 enfants, 1 et 3 ans. Dans son témoignage, elle dit avec beaucoup de souffrance : " je ne supporte plus mes enfants ". Elle n'hésite pas à parler de son burn out maternel...

Pouvez-vous nous parler de votre burn out ?

Je ne sais pas par où commencer car je suis encore tellement dedans que c’est très douloureux d’en parler avec détachement. Je suis maman de deux petits enfants, mais je me demande si je les aime. Je suis consciente que ce que je dis peut paraître monstrueux, mais en parler me fait un bien fou. Je ne supporte plus mes enfants, je n’ai pas envie de les câliner, j’ai l’impression d’être dans une prison et qu’ils sont mes geôliers. Je ne peux même pas aller aux toilettes sans être constamment dérangée. Il y a toujours une couche à changer, un repas à donner, un qui est malade... Je n’ai aucun moment à moi parce qu’en plus ils ne font même pas la sieste en même temps. Je dors mal la nuit, car j’allaite encore ma petite de 1 an, et que celle de 3 ans n’est pas encore propre.

Je ne peux plus les voir, j’ai envie d’hurler quand j’entends appeler « maman ». Ce mot est devenu comme un poison à mes oreilles. Je me dis souvent que mes enfants polluent mon espace et qu’ils ont détruit ma vie. C’est injuste, je ne méritais pas cela !

Savez-vous comment vous en êtes arrivée là ?

J’ai l’impression que c’est un glissement de terrain qui m’a traîné là presque contre mon gré. Ça a commencé quand j’étais en fin de grossesse pour Mélina, Charlotte avait un peu plus de deux ans, et n’était donc pas du tout autonome. Elle me réclamait constamment, probablement aussi parce qu’elle sentait bien qu’il allait se passer quelque chose avec l’arrivée du bébé. Petit à petit, je me suis surprise à lui dire de me lâcher un peu. La naissance de Mélina ne m’a pas aidée. C’était comme si on versait de l’acide sur une blessure déjà présente. Je me suis retrouvée à crier sur elles des choses horribles.

Concrètement comment cela se traduit-il ?

Comme je l’ai dit, je n’irai pas jusqu’à les tuer, mais je suis capable de violence envers elles. Je suis malheureuse, je pleure beaucoup parce que je pense que mes enfants sont maltraités par moi. Lorsque je vais vers elles, même pour les changer, elles ont un mouvement de recul, ce qui prouve à quel point elles ont peur de moi. J’essaie donc de me contrôler pour la violence physique, mais il m’arrive encore de leur dire des horreurs.

Par exemple, je leur dis que si elles font autant de bêtises pour me faire regretter de les avoir, ce n’est pas la peine de continuer, je regrette déjà. J’ai des bouffées de haine véritable que je n’arrive pas à contrôler. Quand elles sont un peu trop lentes, je les traite de débiles. Je leur en veux pour tout, parce que je me trouve grosse et que c’est de leur faute. Quand je me regarde dans la glace, on dirait ma mère ! J’ai la même mine renfrognée et je ne souris plus.

Je ne profite pas de mes filles, je n’ai pas envie de m’en occuper, et malgré tout, je suis suffisamment lucide pour me rendre compte que je suis toxique envers elles. Je pense que je dois me faire aider.

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