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Burn out maternel : le témoignage de Jeanne

Publié par : Clémentine Fitaire (05. juillet 2016)

Jeanne, 48 ans, maman d'un petit garçon de 5 ans. Elle nous livre son témoignage.

Quels ont été les premiers signes de votre burn out maternel ?

Je crois dès la naissance de Lucas. Ce que tout le monde appelait un classique baby blues était les prémices de mon burn out maternel. J’ai très vite commencé à ne plus supporter les pleurs de mon fils. En fait, je le supportais seulement quand il dormait ou quand le papa s’en occupait.
J’étais constamment irritée, quand tout le monde s’extasiait sur sa marche, je m’emportais parce que je le trouvais trop bruyant, trop prenant. J’étais en congé parental jusqu’à ses 2 ans et chaque jour que je passais avec lui, m’enfermait de plus en plus dans un labyrinthe dont je ne savais pas comment sortir.

Qu'avez-vous entrepris ?

Quand Lucas a eu 3 ans et qu’il est rentré à l’école, j’avais une baby-sitter qui allait le chercher et qui s’en occupait jusqu’à ce que je rentre du bureau. Je ne le voyais quasiment pas, et les week-ends c’est le papa qui prenait le relais, même quand j’étais là. J’avais en effet repris les déplacements longue distance et un jour, lors d’un congrès aux Etats-Unis, une femme m’a parlé de son incapacité à prendre soin de ses enfants, de son burn out et d’un livre qu’elle avait lu là-dessus.
Un peu estomaquée de l’écouter me parler de moi finalement, je me suis procurée ce livre, et j’ai compris que je n’allais pas bien. J’ai donc pris rendez-vous chez un psy, et j’ai commencé à le voir, au début deux fois par semaine, parce qu’il y avait du boulot !

Avec l'aide de votre psy, commencez-vous à y voir plus clair ?

Oui. En fait, le premier mois, j’ai quasiment pleuré tout le temps. J’ai toujours voulu avoir un enfant, depuis que j’ai 20 ans, je ne parlais que de ça. Puis, j’ai eu une vie affective faite de hauts et de bas, une profession très prenante, j’ai monté les échelons un à un, et j’ai fini par faire le deuil de cet enfant que je pensais ne jamais avoir.
Enfin, j’ai rencontré mon mari qui a 8 ans de moins que moi. Nous avons eu cet enfant de la dernière chance un peu par hasard. Et je m’en veux de ne pas pouvoir lui en donner d’autres, je lui en ai voulu d’être tellement investi dans la vie de Lucas que j’avais attendu depuis si longtemps. J’en ai voulu aussi à Lucas d’être aussi fusionnel avec son père. Bref, un véritable sac de nœuds qui m’a fait supporter de moins en moins mon fils, au point d’en être devenue violente avec lui.

Où en êtes-vous aujourd'hui ?

Je répare tout doucement la situation avec Lucas parce que je pense que ce petit bonhomme a dû souffrir plus que moi de ce burn out, même s’il ne le montre pas du tout. Je sais qu’au pire de la tourmente, je n’ai jamais cessé d’aimer mon fils et c’est ça qui m’a aidé.
Pour mon témoignage, je voudrais ajouter que j'ai entrepris une thérapie qui se déroule en deux temps. Moi toute seule, puis moi avec Lucas, ou avec mon conjoint. C’est vraiment très enrichissant, et j’apprends à m’accepter, et à expliquer à mon fils, et enfin surtout à me pardonner... Je m’autorise aussi de m’emporter parfois, je ne suis pas une mère parfaite, mais je suis sa maman, et je l’aime et il le sait !

Vous avez envie d'échanger, d'apporter votre témoignage ou de poser une question ? Rendez-vous dans nos FORUMS !  



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