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Pour ou contre les devoirs de vacances ? : Le débat

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (01. juillet 2014)

Devoirs de vacances : rien que le nom porte en lui toute la contradiction ! Devoirs et vacances... Devoir, comme une obligation morale imposée par la loi, les convenances, les circonstances (définition du Petit Robert). Et Vacances, comme repos, cessation du travail et des occupations ordinaires (du même Petit Robert).

Autant dire qu'en dehors des questions linguistiques ou sémantiques, le débat des "Pour" et des "Contre" n'est pas près de se fermer ! Avec d'un côté, des parents de plus en plus nombreux à dépenser des fortunes en cours particuliers et en cahiers de vacances dès les plus petites classes ; et de l'autre, ceux qui considèrent qu'il y a un temps pour tout, même pour le repos.

Les arguments "POUR"

La plupart des enfants en échec scolaire n’aiment pas l’école, ils s’y sentent dévalorisés. Alors, très légitimement, les parents voudront aider l’ enfant en difficulté pour le soutenir, et pour qu’il ne décroche pas... Un soutien scolaire paraît alors important pour tenter de combler certaines lacunes qui, avec le temps, risquent de s’accentuer. Les vacances d'été (si longues...) peuvent être le moment idéal. D’ailleurs, ne voit-on pas des cours de soutien scolaire se mettre en place dans des établissements publics ? Même le ministère de l'Education nationale a lancé ses cours d'été gratuits en ligne. L'été, des écoles privées proposent aussi des cours selon des modules différents.

À noter encore que les cahiers de vacances sont généralement présentés de manière ludique, avec des petits jeux en fin de leçon, ils sont colorés et suffisamment différents des livres de cours, pour distraire votre enfant. Alors si ce dernier se prend au jeu, il n’y a pas de contre-indication !

Parfois un déclic chez l’enfant peut survenir. Une autre ambiance, un autre environnement que la classique scolarité peut être bénéfique sur l’ « apprentissage de la façon d’apprendre », sur la maturité de l’enfant, etc.

Mais attention, car la mise en place des cours de soutien est parfois délicate. Le mieux est certainement de faire intervenir un tiers. Si les parents s’impliquent trop dans ce soutien scolaire... les choses deviennent souvent difficiles.

Les arguments "CONTRE"

Que deviendrait la semaine sans sa sacro-sainte fin de semaine ? Imaginez ce que serait votre journée de travail sans sa pause-café ? Et que serait une journée d’école sans la récréation ? En fait, il en est de même de l’année scolaire. Elle ne prend son sens qu’avec ses temps de vacances. Le temps du changement de rythme. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait plus de rythme du tout. Juste un autre tempo. C’est aussi dans ces périodes de repos et de jeu, que se font les apprentissages.

Ce temps de respiration, ce temps de repos est nécessaire à votre enfant pour assimiler ce qu’il a appris pendant la période de classe. Sans compter que, par le jeu, il apprend d'autres choses, tout aussi nécessaires à sa structuration. Une bonne partie de foot en apprend plus que bien des leçons d’éducation civique, sur les limites sociales et le respect des autres. Et même, ne rien faire du tout, et rêvasser en regardant passer des nuages en forme de lapins ou de chameaux, permet de développer l’imagination !

Alors chercher à maintenir l’enfant dans le même rythme, avec les mêmes enjeux et la même pression, qu’au cours de l’année, risque, à l’arrivée, de produire l’effet inverse : il se retrouve épuisé le jour de la rentrée des classes et risque d’accentuer encore son retard, s’il en avait un.

Ne pas mélanger vie scolaire et vie de famille
Pour se construire, l’enfant a besoin de s’approprier ses propres espaces. Et l’école est l’un de ses espaces personnels. C’est son lieu de socialisation. C’est là qu’il apprend à vivre et à se conduire en société. C’est là qu’il va développer une certaine image de lui-même, loin des enjeux de sa famille proche. Et il est parfois difficile pour les parents, notamment pour les mamans, d’accepter, sans en ressentir un sentiment d’abandon et de perte, que l’enfant ait son espace à lui, où elle n’a pas accès. S’intéresser et suivre de près la scolarité d’un enfant est une chose nécessaire et responsable. Inverser les rôles et jouer à la maîtresse, n’est pas souhaitable.

Durant les quelques jours de vacances que l’on passe avec son enfant, pourquoi ne pas essayer d’oublier les notes, les fautes (qui sont aux erreurs, ce que les devoirs sont à l’apprentissage...), les punitions. Il est important de bien rester dans son rôle de parents. Au cours d’une bonne partie de pêche avec lui, vous pourrez lui raconter les sciences naturelles, l’Histoire de France et de Navarre, la géographie, tout en respectant la syntaxe. Et tout ça, dans le rire et la tendresse.



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